75 – Une fois sur deux
Si il y a un premier mot au poème, quel est-il ?
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Fragments, notes, essais. Ici, c’est un carnet d’écriture. Fiction et littérature.
Si il y a un premier mot au poème, quel est-il ?
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Enfant, il s’agissait de croire ou ne pas croire aux fantômes. C’était un jeu à se faire peur, les maisons hantées. Année après année, mois après mois, jour après jour, elles sont de plus en plus nombreuses, pourtant, et dans chaque objet posé chez soi, dans chaque photo, dans chaque cadre accroché au mur, les
Il s’agit de vivre sans toi. Sans toi toujours à l’esprit. Sans toi à l’angle de chaque rue, dans le reflet de chaque vitrine, le souvenir accroché aux carrefours, aux tables des cafés, aux plats des restaurants, sans toi dans la découpe des nuages, sans ta nuque dans la nuque de dizaines de passantes, sans
Si le dessinateur peut croquer dans les lieux publics les personnes qu’il croise un moment, l’écrivain peut faire de même. Pas là où je me sens le plus à l’aise, et pour ça que c’est un travail de carnet. Ici, deux textes pris sur le vif, en un temps très bref, pour tenter de saisir
72 – Portraits Lire la suite »
Il y a eu ce temps, quand je savais chaque minute ce que tu faisais et quasiment chaque minute combien de fois tu respirais, et chaque repas ce que tu avais mangé. Il y a eu ce temps, quand je savais chaque heure et le lieu et l’occupation et avec qui et si tu étais
71 – Il y a eu Lire la suite »
Tu jurerais quand tu la vois te voir que son visage s’éclaire. Et ça te bouleverse. Elle te regarde, vraiment, sourit, pleinement, et oscille légèrement la tête pour te saluer d’un discret : tu es là, je suis là, et je suis heureuse qu’il en soit ainsi. Et ça t’irrigue. Il suffit de ça, de
69 – Et ça t’irrigue Lire la suite »
Le contourner. Monter à cheval, y percer une porte, une fenêtre, une meurtrière. Le peindre. Le recouvrir d’un papier, d’une moquette, de caissons antibruit, de lambris. S’asseoir le dos contre, à l’ombre. Y faire pousser poiriers, rosiers grimpant, chèvrefeuille, vigne vierge. Y accrocher des nichoirs. Dessiner sur. Un graffiti, une fresque. Écrire un slogan définitif,
Cet éclat, cet angle, ce relief, ces couleurs et cette profondeur m’échapperaient s’ils ne se reflétaient d’abord dans le regard que tu portes sur tout. Qu’importe comme on appelle ça, il me manquerait, sans toi, bien plus que toi : tout ce que tu mets en lumière et que j’ai le sentiment de découvrir pour
De la foule n’attendre que d’y croiser personne. Une masse anonyme et bigarrée sans connivence ni salut, sans embrassade, sans échange : femme en débardeur, homme au manteau de peau, vieil indien clapoteux, enfant hagard, chien pelé, motocycliste en panne, vendeur de montres à la sauvette au silence de cimetière, belle de passage, ouvrier harassé,
Six ou sept marches d’un escalier de pierre menaient de la basse-cour – poules, pintades, dindons, clapiers à lapins – à la pièce principale, cuisine et salle à manger – évier en grès, table en Formica, quatre chaises assorties – où dans un verre de cantine, la vieille femme proposait un café, ou une limonade.
65 – Les mouches Lire la suite »