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Chaque mois, cinq idées pour améliorer votre créativité éditoriale

Carnet d’écriture

Fragments, notes, essais. Ici, c’est un carnet d’écriture. Fiction et littérature.

68 – Le mur

Le contourner. Monter à cheval, y percer une porte, une fenêtre, une meurtrière. Le peindre. Le recouvrir d’un papier, d’une moquette, de caissons antibruit, de lambris. S’asseoir le dos contre, à l’ombre. Y faire pousser poiriers, rosiers grimpant, chèvrefeuille, vigne vierge. Y accrocher des nichoirs. Dessiner sur. Un graffiti, une fresque. Écrire un slogan définitif, […]

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67 – Tu

Cet éclat, cet angle, ce relief, ces couleurs et cette profondeur m’échapperaient s’ils ne se reflétaient d’abord dans le regard que tu portes sur tout. Qu’importe comme on appelle ça, il me manquerait, sans toi, bien plus que toi : tout ce que tu mets en lumière et que j’ai le sentiment de découvrir pour

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66 – Foule

De la foule n’attendre que d’y croiser personne. Une masse anonyme et bigarrée sans connivence ni salut, sans embrassade, sans échange : femme en débardeur, homme au manteau de peau, vieil indien clapoteux, enfant hagard, chien pelé, motocycliste en panne, vendeur de montres à la sauvette au silence de cimetière, belle de passage, ouvrier harassé,

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65 – Les mouches

Six ou sept marches d’un escalier de pierre menaient de la basse-cour – poules, pintades, dindons, clapiers à lapins – à la pièce principale, cuisine et salle à manger – évier en grès, table en Formica, quatre chaises assorties – où dans un verre de cantine, la vieille femme proposait un café, ou une limonade.

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62 – Comme

Comme il y avait un poème qui trainaitTu l’as ramasséTu l’as luTu en as fait une cocotte en papierQui s’est envolée Il ne t’est rien restéQue la mémoireDes mots sur ses ailes et son bec Partis nicherAu creux d’un cœurQue tu voudrais connaître

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61 – Reformulation

– Ne serait-on pas entrain d’assister à une uniformisation des modes de vie ? Je veux dire : est-ce que tout le monde n’aurait pas tendance à vivre de la même façon ? – Merci, on avait compris, uniformisation… – Oui, pardon. La manie de reformuler les mots de plus de trois syllabes pour être

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60 – Le fleuve

Le fleuve charrie à l’automne les cadavres de ceux qui s’y sont jetés vivants. C’est tous les mois, ou presque, un corps coincé entre deux péniches amarrées ou, un méandre plus loin, pris dans la vase des marais, les poumons gorgés d’eau sale, la peau déjà en lambeaux. Le médecin légiste, selon l’état des chairs,

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59 – Mais ça va

La douche, tu le découvres assez vite, est l’endroit idéal pour pleurer, sangloter, chialer. Tu n’as pas à y retenir tes hoquets, tu peux totalement te laisser aller. Les larmes, même abondantes, sont aussitôt dissoutes. Leur sel n’atteint jamais tes lèvres. Les râles sont masqués par les trombes d’eau en cascade. La douleur immédiatement noyée.

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