Quelques livres qui viennent de sortir

Les livres sortent à l’automne, c’est bien connu. Ne parlons pas des romans, commentés à foison et dont de trop nombreux tomberont dans l’oubli. Parmi les sorties récentes, voici ce qui, pour diverses raisons à retenu mon regard.

ApprentiL’agenda de l’apprenti écrivain, de Susie Morgenstern. Du 1 janvier au 31 décembre, chaque date de cet agenda hors norme associe une citation d’un écrivain célèbre à une activité d’écriture ou d’observation et un dessin d’humour. Une idée toute simple (j’avoue, j’aurai aimé l’avoir eu), mais c’est diablement efficace. A offrir aux collégiens.
Et puis, l’auteur dit les choses simplement : "Ecrire, c’est comme vivre, ça vous tombe dessus comme un coup de
foudre. C’est ce qui m’est arrivé quand j’étais petite. J’ai tout de
suite aimé le crayon, les cahiers, le papier à lettres. À la folie !
J’y voyais un pouvoir magique : je pouvais crier sans émettre un son.
Je pouvais faire rire une feuille de papier inanimée. Et surtout, je
pouvais enfin parler, car je vivais dans une famille très bruyante et
la seule façon pour moi de placer un mot, c’était de l’écrire. Et puis,
j’étais Dieu ! Je pouvais faire disparaître mes ennemis et créer un
monde idéal. Oui, je détenais un vrai pouvoir magique ! J’aimerais
partager ma passion avec vous et vous dire que, pour être écrivain, il
n’y a pas de secret : il faut écrire."

CeciCeci n’est pas un livre, de Dubravka Ugresic. Pour le titre, d’abord. Et, sûrement, pour le propos, tel qu’il et présenté par l’éditeur. " Dubravka Ugresic décrit, avec humour et un plaisir communicatif, l’univers nouveau du livre tel qu’il se met insidieusement en place chez nous, un monde dont elle a pris la mesure aux États-Unis puis en Allemagne, et qui témoigne d’une évolution bien inquiétante. Nul n’échappe à sa plume incisive : les agents qui n’acceptent de juger un livre que sur synopsis, les foires du livre qui tournent à la foire tout court, les éditeurs davantage préoccupés de marketing que de littérature, et les auteurs, de plus en plus désorientés et prêts à toutes les
compromissions pour être publiés – et lus. Faut-il vivre en exilée aujourd’hui, après avoir été élevée
derrière le Rideau de fer dans l’amour de la littérature et l’admiration de l’Ouest, pour peindre avec tant de férocité la vie littéraire en Occident ? Sans doute, si l’on veut bien admettre que rien ne ressemble plus au destin du livre au temps du communisme que celui qui lui est promis en
vertu du marché-roi." Voilà qui fera sans doute une bonne lecture, par les temps qui courrent.

Pour_les_nulsLes temps qui courrent, justement, nous donnent La littérature française pour Les Nuls. Du Moyen Age à nos jour, dix siècles de littérature à votre portée ! Rien que ça. La fin de la quatrième de couverture se suffit à elle seule : "Une garantie : vous ne
connaîtrez pas l’ennui. Il se passe toujours quelque chose d’étonnant,
d’insolite, de palpitant dans le vie et dans les pages de nos
écrivains. Et pour votre plus grand bonheur, personne ne vous demandera
comme à l’école de réciter par coeur une Fable de La Fontaine ni de
préparer une fiche de lecture sur Le Grand Meaulnes !"
Bien, bien. Soit on se félicite que la littérature soit abordée sous l’angle du plaisir pur… soit l’on s’interroge sur ce traitement infligé aux auteurs et aux textes. Imaginez un instant Flaubert se découvrant dans ce bouquin…

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