20 avril – Odette

J’ai la flemme. C’est une constante depuis l’enfance. Moins j’en fais, mieux je me porte. Quelle nécessité y aurait-il au moindre effort ? Et quelle satisfaction à la réalisation d’une tâche, quelle qu’elle soit ? Je vois depuis toujours autour de moi comme on s’évertue, comme on s’échine, comme on s’acharne, et qu’est-ce qui change ? Dans la plupart des cas, l’obstination est contreproductive. L’objectif est raté. Autant éviter les tentatives si cela permet de contourner les échecs. Je ne me lance dans rien qui puisse rater. Et n’allez pas imaginer que cela nuise à mon bonheur. J’éprouve un contentement aussi vif que régulier à lister l’ensemble des catastrophes prévisibles auxquelles mon inaction m’a offert une échappatoire. Qui ne tente rien n’a rien, veut-on faire croire ! Mais quelle foutaise ! J’ai la paix, et je vous assure qu’il suffirait pour que chacun l’ait que nous sachions nous contenter de l’inaction.

1 commentaire

  1. Qui peut se dire: j’ai changé le monde?Chacun s’agite, se démène à la place qu’il occupe, pour n’avoir même qu’un soupçon d’influence sur le cours des événements. Les hommes s’entretuent toujours autant, bien que plus efficacement. Les fausses nouvelles circulent tout autant, mais plus vite. Les puissants rêvent toujours de créer des empires. Les peuples cherchent toujours des boucs émissaires pour éviter de chercher les causes de leurs malheurs. Les moyens évoluent, mais les fins ne varient guère.

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