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Chaque mois, cinq idées pour améliorer votre créativité éditoriale

Journal – août 2026

1er août

Je sors de trois journées de travail intense sur le manuscrit du roman. Renforcement d’un arc dramatique secondaire, qui rééquilibre l’ensemble. Travail sur le rythme des phrases, que j’ai fini par juger trop répétitif. Une journée de travail intense, c’est 7h – 22h, avec juste les pauses repas. Rien d’insurmontable sur une courte période, et très favorable à la concentration. Ce n’est cependant pas du tout ce qui me réussit de mieux d’ordinaire. Sauf dans l’écriture. Là, curieusement, ça fonctionne. J’espère que le roman est meilleur à la fin de ces journées qu’au début. Tout part d’une remarque de l’éditeur, qui trouve la réaction des personnages pas vraiment à la hauteur, dans deux paragraphes. Et, en cascade… Cela chamboule pas mal de chose. Aussi comme cela qu’un roman avance. Et à ça que sert l’œil affûté d’un éditeur.

4 août

Je suis allé au Havre. Cette ville a été associée au travail, quelques mois. À quelques missions. À quelques séjours. Finalement, mis bout à bout, tous ces moments font du temps, plus de temps qu’ailleurs. Des expériences qui s’accumulent. Mais la poisse colle aux dernières associations avec Le Havre. Et ce sont la médiocrité, la bêtise, et même la bassesse qui suintent aujourd’hui du béton. Un seul bonhomme aura suffi à jeter sur ces lieux un voile glauque auquel le soleil ne peut que se soumettre. La ville pue. Elle n’y est pour rien.

5 août

Le roman de janvier 2027 nécessite encore du travail. Et pas qu’un peu. Chaque relecture en profondeur est l’occasion de remises en questions en profondeur. Tant qu’il sera possible d’intervenir, intervenir. Si je mesure bien l’ampleur du chantier, j’ouvre deux à trois semaines de travail supplémentaires.

6 août

Hier, changement de focalisation d’un chapitre complet. L’action est strictement identique, mais racontée depuis un autre personnage. Toute la dynamique change. Et l’on est dans l’action. Ce n’est pas une décision anodine : il s’agit de maintenir l’attention du lecteur. Faiblesse de croire ce matin que ça fonctionne mieux.

7 août

Cent fois le mot silence dans un bouquin de 250 pages. Un chantier en soi. Hier, écrire, c’était transformer le silence pour qu’il dise un peu plus. Écrire, c’est parfois faire parler le silence. Soixante-quinze fois le mot quelque chose, ensuite.

9 août

Remis en lien l’ensemble des articles à propos de la dépression. Le dernier, en septembre, annonçait la guérison. C’était un peu optimiste. Une façon de dire, n’en parlons plus. J’ignorais qu’il restait encore onze mois d’antidépresseurs. Parce que c’est ça guérir, arrêter les médicaments et continuer à aller bien. Et ça ne peut pas être brutal. Il faut laisser le temps au cerveau à réapprendre à marcher sans béquilles. Voilà, sans doute voilà : la dernière gélule est derrière moi. Plus de trois ans, et, évidemment pas le même qu’avant. Je sais que cela a sa place dans ce journal, parce que tout ce que j’écris s’enrichit de cette expérience. L’écriture est bien la seule chose qui s’enrichisse des pires expériences. On s’enrichit de tout ce qu’on a perdu.

10 août

Il y a la question de ce qu’est et de ce que n’est pas la guérison. On n’est plus le même et l’on ne porte pas la responsabilité de celui qu’on est devenu. Des séquelles et des fragilités. Il faut creuser plus profond. En surface, c’est du développement personnel (ah, les généralités sur la confiance, l’insouciance…) Trouver la profondeur idéale, celle où peuvent reposer des fondations. Question de mesure : en dessous c’est le magma. Donc reconstruire. Luminosité. Isolation. Normes sismiques.

11 août

Réécriture. Réécriture. Réécriture. Je mets en œuvre des méthodes que je n’ai jamais explorées précédemment et ce sera un livre comme je n’imaginais pas en écrire. Je ne compte plus les versions du texte. Plus de 30. Ce qui serait peu pour certains, ce qui est extraordinaire pour moi. La quantité de travail… et garder l’émotion, la crédibilité. Allez. Encore 12 chapitres à relire.

12 août

Te souviens-tu que nous nous sommes retrouvés côte à côte cette nuit ? C’était, je crois, devant un buffet. Tu avais ce sourire de toujours et je t’ai laissé passer. Ce fut aussi bref que ça peut l’être et suffisant pour que me revienne le goût de ces interactions légères et sans enjeu. Quelques secondes de normalité dans un rêve. Une bouffée d’un oxygène depuis trop longtemps devenu toxique. Cela devra suffire à vivre.

13 août

Blaguer en anglais et en terrasse.

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