Petit exercice de créativité stylistique

Chat buvant du lait
Que fait ce chat ? Est-ce un chat ?

S’il est un travers partagé chez ceux qui écrivent, c’est de toujours retomber dans les mêmes schémas de phrase, le même vocabulaire, la même façon de dire les choses, le même rythme. C’est humain, et le plus souvent inconscient. Ces routines nuisent à la créativité, empêchent d’innover. On fait, encore et encore, la même chose. Comment s’en sortir ? Continuer la lecture de Petit exercice de créativité stylistique

Qui apprendra la répartie aux chat-bots ?

Les bots sont l’avenir du web. Ils vont petit à petit proliférer sur les services de messagerie. On s’en servira pour réserver un vol, commander une pizza, ou râler contre les retards des trains. A l’autre bout de la discussion, pas des êtres humains, non : des programmes conçus pour répondre intelligemment aux sollicitations.

Tel est l’avenir du Messenger de Facebook, de Snapchat, de Whatsap… etc. etc. La fin du web, l’avènement du dialogue avec les machines. Continuer la lecture de Qui apprendra la répartie aux chat-bots ?

Ce qu’écrire sous pression veut dire

Qui écrit a perdu ce qu’il écrit. Au moins une fois l’ordinateur a détruit un fichier que l’on avait mis des heures à peaufiner et qu’il faudra, si l’on en a le courage, l’envie, la nécessité recommencer, réécrire. Il faudra dépasser en tout cas le découragement du moment pour passer à autre chose : une vie sans ce texte là, au moins une vie avec une autre version. Continuer la lecture de Ce qu’écrire sous pression veut dire

[vidéo] Le surtitre sur le web

usagesParce qu’il m’est donné de dispenser des formations d’écriture et d’editing sur le web, et parce que j’aime les surtitres, et aussi parce qu’il faut partager ce que l’on sait, et puis parce que j’en avais un peu envie, avouons-le, voici une petite vidéo pour vous dire ce que je pense des surtitres et de la façon de les accommoder. Continuer la lecture de [vidéo] Le surtitre sur le web

Audience web : la revanche du lecteur

L'impact de la priorité à 'engagement sur la ligne éditoriale...
L’impact de la priorité à l’engagement sur la ligne éditoriale…

Depuis 10 ans, on se bat à coup de billets de blogs sur la question de savoir si il faut écrire pour Google, ou si l’on doit continuer à écrire pour les lecteurs. Google lui-même privilégierait les textes qui ressembleraient le plus à des textes écrits pour des humains. Tant bien que mal. Bref, langage naturel ou langage robotisé, c’est la bagarre. Continuer la lecture de Audience web : la revanche du lecteur

D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan

D'après une histoire vraie, Delphine de ViganDe tous les romans de la rentrée littéraire, et il en est d’attrayants, j’ai d’abord lu D’après une histoire vraie, de Delphine de Vigan. C’est une de mes éditrices qui me l’a recommandé. Elle n’avait pas tort. Elle connait mon travail, et elle savait que le livre trouverait en moi un terrain favorable. Elle ne s’est pas trompé. Continuer la lecture de D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan

La phrase de Maylis de Kerangal

reparer les vivantsLe roman Réparer les vivants de Maylis de Kerangal a reçu tellement de prix, été vendu à tellement d’exemplaires, qu’on pouvait craindre, sans rien en savoir, qu’il s’agisse d’un roman populaire, dans le sens où le style comme le propos en soit nivelé pour être lisible par le plus grand nombre. Cette lisibilité, je la défends lorsque je forme à l’écriture sur le web, m’appuyant notamment sur les travaux de François Richaudeau sur la longueur des phrases, 12 à 20 mots maximum, et leur structure, la plus simple possible : sujet, verbe, complément. Continuer la lecture de La phrase de Maylis de Kerangal

Serge July, littérature et journalisme

dictionnaire journalismeDans une interview à propos de son Dictionnaire amoureux du journalisme, Serge July dit dans Le Monde :

Pour nous, le nouveau ­roman, ça devait être le nouveau journalisme. On était imprégnés par le texte de Sartre, dans les Temps modernes, qui faisait du reportage le propre de la vraie littérature. Et Sartre nous a aidés à forger une autre langue, une langue « parlée/écrite  » qui renvoyait à La ­Nausée, ce grand livre. L’autre auteur qui nous a influencés, pour ce qui est de la langue, c’est le Cavanna de Hara-Kiri et de Charlie.

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En lisant La Petite Foule de Christine Angot

Des textes de Christine Angot surgissent quelques idées. De quoi en faire une note de blog. Et des propositions pour un éventuel atelier d’écriture.

La Petite Foule est un livre de Christine Angot paru en mars 2014. Pas un roman. Une succession de portraits qui ont pour eux quelques atouts. Ils sont tous basés sur le même principe. A tel point qu’on imagine La Petite Foule comme l’amorce d’une consigne donnée en atelier d’écriture. Continuer la lecture de En lisant La Petite Foule de Christine Angot

Par la fenêtre

Le travail est toujours en cours. Ecrire est plus long, plus délicat que ce que j’envisageais. Il faut trouver les mots. Et pour ça, avancer dans le réel. Sur place. Jauger la géographie des lieux. C’est pour prendre la température.

Par la fenêtre de l’immeuble se fait le lien, imprévisible initialement, de ma géographie à celle de ceux du récit. Par la fenêtre de leur immeuble, on voit les fenêtres de là où j’habitais enfant. Une coïncidence. Fortuite, forcément fortuite. Mais qui rapproche encore l’histoire à raconter.

Où l'on voit les fenêtres de l'appartement de mon enfance.
Où l’on voit les fenêtres de l’appartement de mon enfance.

J’ai habité là. Enfant. Au premier étage. Et si, grandir, c’est voir les choses sous un angle nouveau, je n’ai jamais autant grandi qu’aujourd’hui. La triple fenêtre, sans rideaux, est celle de ma chambre. J’y ai des souvenirs. C’était trente ans après l’histoire que je raconte. Trente petites années seulement.

Là, j’ai construit un village en carton, rangé mes affaires en fonction de leur couleur, écouté mon père, été serré dans les bras de ma mère, pleuré, aimé, grandi. J’ai fait une barricade. Mon père peignait dans la cuisine, juste à côté. Il y a de bons souvenirs. Ma sœur, mes grand-parents. Des soirées de Noël. Des rêves. De l’angoisse. Je regardais par cette fenêtre. Je voyais forcément cet immeuble d’où je me penche aujourd’hui. J’ignorais que je serai entrain d’écrire sur ce qui s’y était produit.

Une coïncidence. Fortuit, forcément fortuit.

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

La ville aussi, parfois.