27 avril – Amédée

Il y a dans le cornet de beignets acheté au bord de la plage un goût d’enfance, d’été, de transgression, et la saveur inimitable du gras sucré qui se mêle au sel déposé par de trop longues baignades sur les lèvres presque brûlées par le soleil. Voilà de quoi oublier toutes les préconisations diététiques qui sont venues avec l’âge attrister un peu les longues après-midi de farniente. Non, pas de churros, est-on tenté de dire lorsque l’occasion se présente. Et pourtant, on aimerait retrouver l’insouciance qui nous valait de réclamer le supplément sauce au chocolat avec une insistance qui faisait fondre tous les adultes. Et l’on riait, de nos joues noircies. Retourne te baigner pour enlever tout ça. Et l’on y retournait, laissant derrière soi une trainée de gras sucré dont on imaginait que les poissons allaient se régaler. Ce qu’on fabriquait, surtout, c’étaient des souvenirs.

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