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393 – Un mot

Il manque un mot pour dire la nostalgie des larmes lorsque vient enfin le moment où elles ne coulent plus.

On les aimeraient, apaisantes et chaudes, mais la douleur n’est plus assez forte : elles ne reviennent pas, ces camarades longtemps présentes en rigoles apaisantes jusqu’à la commissure des lèvres.

Manquent le sel effacé d’un coup de langue et les paupières collantes sur les yeux gonflés. On n’est plus assez malheureux. On s’est, au moins, habitué au silence, à l’absence. Rien ne brûle plus les pupilles.

Alors on reste là, étonné de n’être pas submergé, regrettant l’époque où l’on ne se maîtrisait pas. Restent des mots pour une comptine de cour d’école : le chagrin, petit nuage, a fait « ploc » sur mon visage… Conjurer le sort un vers après l’autre, de plus en plus doux, comme des souvenirs qui s’estompent : donne lui un mouchoir blanc, il sourit timidement…

Avec la mélodie, conserver ce qu’on aura longtemps été. Des mois, des années. C’est cela : des années en compagnie des larmes.

On n’aurait jamais cru cette nostalgie possible. Et pourtant, on se retrouve à chercher le bon mot pour l’écrire : ce serait tout ce qu’il reste pour qu’elle ne s’efface pas tout à fait.

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