22 août – Fabrice

Il ne restera rien du monde lorsque j’en aurai fini avec le paysage. À grands coups de chaîne de tronçonneuse dans le bleu du ciel, mouvements circulaires avec élan, abattre tous les arbres au ras des racines, les mâts de cocagne et ceux des bateaux qui filent vers l’horizon. Je mettrai tout à plat, en tronçons, en rondelles, en copeaux, dans le grognement tonitruant du moteur lancé à fond sur le moindre élément vertical. Tout autour de moi les restes fumants de ce qui a un jour tenté d’occuper l’espace. Je me rêve massacrant à la tronçonneuse le bucolique des châteaux en Espagne. Je jette la lame contre les murailles qui s’effritent en bouquet d’étincelles et stridences à vriller les tympans. Et, lorsque je me réveille, il ne reste rien de l’oreiller que les plumes éparses partout dans la chambre. J’ai acheté une tronçonneuse.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.