ChatGPT, écris ma chronique

Tiens, tiens, tiens, et si je demandais à ChatPGT quelque chose de vraiment difficile à écrire. Et sans lui préciser quoi. Une chronique. La chronique est un genre journalistique défini : une chronique est rubrique de presse consacrée à un domaine particulier de l’actualité. Cette rubrique, généralement récurrente, n’a pas prétention à l’objectivité. Elle s’apparente à un long billet dans lequel l’auteur exprime une opinion personnelle, une humeur ou un avis. Choisir le sujet de la chronique, l’écrire, lui donner une portée, la rendre intéressante et si possible agréable à lire… Pas simple de trouver un bon chroniqueur. Et ChatGPT 4o s’en sortirait comment ?

J’ai créé un prompt de quelques lignes qui laisse l’IA choisir le sujet :

Tu es chroniqueur. Un observateur attentif des signaux faibles de la société. 1/ Tu vas chercher sur le web cinq informations insolites publiées il y a moins de 24 heures. 2/ Tu choisis celle qui fait écho à un phénomène de société. 3/ tu écris une chronique de 1000 mots qui s’appuie sur l’information choisie et met en évidence le fait de société, parfois inattendu, qui se cache derrière. Le ton de ta chronique est léger, tu ménages tes effets et tu cherches une fin intéressante pour ton texte.

Je veux une chronique d’actualité, qui nous apprenne quelque chose à partir d’un fait sans importance, un « signal faible ». C’est pour moi un signe d’intelligence qu’être capable de voir plus loin que l’information de départ pour en tirer des enseignements qui intéressent tout le monde. Voici donc la première chronique que m’a proposé ChatGPT 4o. Aucune correction de ma part. Le style mérite encore d’être dynamisé, mais je vous assure que c’est une très bonne base pour une chronique intéressante, que je pourrais écrire à partir de là…

La révolution tranquille des Lego : Quand le jeu devient performance

Il est fascinant de voir comment les passions personnelles peuvent se transformer en performances spectaculaires et inattendues. Récemment, un Canadien a battu un record mondial en assemblant un set Lego “Millennium Falcon” de 75 192 pièces en seulement 7 heures, 36 minutes et 37 secondes. Cet exploit nous donne un aperçu surprenant d’un phénomène de société en pleine expansion : la gamification et la quête de records dans des domaines autrefois considérés comme de simples hobbies .

La gamification de la vie quotidienne

La gamification, ou ludification en français, est l’intégration d’éléments de jeu dans des activités non ludiques. Si cette tendance est souvent associée à des applications de fitness ou de productivité, elle touche désormais tous les aspects de notre vie quotidienne. Le fait qu’un homme ait choisi de consacrer des heures pour assembler un set Lego en un temps record illustre bien ce phénomène.

D’une certaine manière, la quête de ce record n’est pas seulement une affaire de vitesse ou de dextérité. Elle parle aussi de la manière dont nous trouvons du sens et de la satisfaction dans des activités apparemment banales. Les Legos, autrefois considérés comme de simples jouets pour enfants, deviennent des objets de performance et de compétition, transformant un passe-temps en une activité digne d’un athlète.

La communauté des constructeurs de Lego

La communauté des amateurs de Lego est vaste et passionnée. Des expositions aux compétitions en passant par les chaînes YouTube dédiées, le monde des Lego est devenu un espace de créativité et de partage. Les records comme celui récemment établi ne sont pas seulement des exploits personnels, ils sont des événements communautaires qui rassemblent des personnes partageant les mêmes intérêts.

L’exploit de cet homme n’est pas isolé. Partout dans le monde, des adultes redécouvrent les joies de la construction Lego, transformant cette activité en une forme d’art et de défi personnel. Cette gamification de la construction Lego n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de la manière dont nous cherchons à rendre notre vie quotidienne plus excitante et engageante.

La performance et la recherche de validation

L’envie de battre des records ou de réaliser des performances impressionnantes est ancrée dans notre désir de reconnaissance et de validation. À une époque où les réseaux sociaux jouent un rôle central dans notre vie, ces exploits deviennent des moyens de se démarquer et de gagner l’approbation de nos pairs. Les vidéos de construction rapide de Lego génèrent des millions de vues, et les commentaires et partages apportent une validation sociale immédiate.

Ce phénomène va au-delà des Lego. Il s’étend à d’autres domaines comme les jeux vidéo, les défis de fitness, et même les tâches ménagères. La société moderne, avec ses plateformes numériques et ses réseaux sociaux, a facilité cette quête de reconnaissance à travers des performances qui peuvent sembler anodines mais qui prennent une dimension toute nouvelle grâce à leur visibilité et leur partage en ligne.

La psychologie de la performance ludique

Pourquoi sommes-nous attirés par ces performances? La réponse réside en partie dans la psychologie de la gratification instantanée et du flux, cet état de concentration intense et de plaisir total que nous éprouvons lorsque nous sommes absorbés dans une activité. La construction rapide de Lego, tout comme d’autres défis, permet d’atteindre cet état de flux, où le temps semble s’arrêter et où l’on est entièrement plongé dans l’instant présent.

De plus, la répétition des tâches et la possibilité de mesurer des progrès concrets offrent une satisfaction immédiate. Chaque brique posée est une étape de plus vers l’accomplissement du défi, et chaque petite victoire alimente notre motivation à continuer. Cette dynamique est à la base de nombreux jeux et défis, qu’il s’agisse de monter un meuble Ikea sans instructions ou de finir un marathon.

Une fin ouverte sur le jeu et la créativité

En fin de compte, la gamification et la quête de records révèlent notre besoin inné de jouer et de créer. Elles montrent comment nous pouvons transformer des activités simples en expériences enrichissantes et engageantes. Elles mettent en lumière la capacité humaine à trouver du plaisir et du sens dans les petits détails de la vie quotidienne.

L’exploit du constructeur de Lego est une célébration de la créativité et de l’innovation. Il rappelle que, même dans un monde de plus en plus digital et complexe, il y a toujours de la place pour le jeu et la créativité. Alors, que ce soit avec des Legos, des puzzles, ou tout autre passe-temps, n’oublions pas de jouer. Car dans le jeu, nous trouvons non seulement du plaisir, mais aussi une connexion plus profonde avec nous-mêmes et avec les autres.

Et qui sait? Peut-être que votre prochaine session de jeu sera le début d’un nouvel exploit qui captivera le monde entier. Après tout, les plus grandes aventures commencent souvent par une simple brique posée au bon endroit.

(je reprends la main)

On peut faire mieux, évidemment, mais cette chronique, pas tout à fait inintéressante, a été produite en quelques secondes. La version 5, puis la version 6 de ChatGPT (ou de ses concurrents), écriront mieux, avec plus de rythme, et peut-être, avec un peu d’ironie, de sarcasme, de second degré (ça manque cruellement dans cette version). Ca va secouer fort chez les rédacteurs, non ?

D’autant que quand j’ai demandé à ChatGPT d’ajouter du sarcasme et de l’ironie, il m’a proposé ce paragraphe en plus (et quelques autres modifications, mais je ne veux pas être trop long) :

D’une certaine manière, c’est un peu comme les Olympiades, mais avec des briques en plastique. Peut-être devrions-nous envisager de faire des compétitions de montage de meubles Ikea la prochaine étape? Qui peut assembler une bibliothèque Billy sans instructions et sans divorcer? Maintenant, ce serait vraiment impressionnant.

L’illustration ? Je l’ai demandée à Midjourney, que je trouve toujours plus intéressant que ce que propose ChatGPT.

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3 réflexions sur “ChatGPT, écris ma chronique”

  1. étonnant, en effet, suis assez bluffé, j’ai repris ton prompt, et modifié pour avoir une chronique société en Seine-Saint-Denis, c’est magique. Voici l’intro simplement :
    En Seine-Saint-Denis, l’insolite est souvent le quotidien. Chaque coin de rue peut révéler une histoire, un événement, une initiative qui détonne et surprend. C’est dans cet esprit de découverte que nous nous plongeons dans un événement particulièrement captivant : les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, aussi connues sous le nom de Festival 24​ (Rencontres Chorégraphiques Seine-Saint-Denis)​. Ce festival est bien plus qu’une simple célébration de la danse contemporaine ; il est un miroir des transformations sociales, culturelles et économiques qui traversent ce département.

    Et je lui ai aussi demandé un paragraphe en plus, ironique, mordant :
    Mais ne nous y trompons pas, derrière ce festival haut en couleurs et ces nobles ambitions de solidarité, il y a aussi un parfum de poudre aux yeux. Car oui, célébrer la diversité et l’inclusion, c’est bien joli quand les projecteurs sont braqués sur les danseurs en pleine performance, mais que se passe-t-il une fois les rideaux tirés et les spectateurs rentrés chez eux ? La réalité sociale reprend ses droits, les difficultés persistent, et les beaux discours s’évaporent comme par magie. On applaudit des chorégraphies audacieuses tout en oubliant que pour beaucoup, les vraies acrobaties consistent à jongler entre les factures et les maigres salaires. Une danse, certes, mais une danse de survie bien loin des scènes éclairées. Alors, bravo à la Seine-Saint-Denis pour ce grand spectacle, mais n’oublions pas que derrière les paillettes, les vraies questions restent souvent sans réponse.

    Franchement, j’ai ri au coup du meuble Ikea dans ta version, et là, avoir trouvé « jongler entre les factures et les maigres salaires »… wow

    1. Sébastien Bailly

      Oui… C’est bluffant. Et ce n’est qu’un prompt de quelques lignes. Comment on écrit, et quoi, face à ce monstre ?

  2. Je ne suis pas écrivain-forçat comme certain que je croise ici et là, je suis graphiste mais je ne déteste pas aligner des mots, parfois. De la même façon que je mange quand j’ai faim, que je dors quand je suis épuisé, que je sors lorsqu’il y a nécessité ou encore que je ne foute strictement rien parce que c’est le bon moment, je traite l’écriture de la même façon : rien à dire ? Rien à écrire, laisse tomber on verra ça demain. L’écriture c’est une résonance, c’est un aboutissement, c’est comme toute discipline une expiration, un moment si particulier et si personnel qui met de l’ordre au désordre, une mise en forme qui comme dirait Bashung met un sens à tous les mots. Cela génère après coup une sorte de vide et si dans l’instant, tellement heureux d’avoir mis en forme ce qui se cognait un peu partout dans votre tête depuis un bon moment, vous essayez d’en abuser alors la déception sera grande. On ne tire rien du vide. Et le nourrissement du vide demande du temps.
    Se forcer à écrire chaque jour comme un sportif irait soulever de la fonte, quoi de plus ridicule. J’écris peu, mais j’écris lorsque je sens que quelque chose a besoin de sortir, d’être mis sur le papier, d’être accompagné de quelques touches graphiques afin de poser le décor comme on poserait le décor d’une pièce qui donne indice et ambiance de ce qui va se jouer. Écrire en noir sur blanc ou en blanc sur noir n’a pas la même signification. Je ne vous apprends rien sans doute.
    Je n’écris pas pour les autres même s’il m’arrive de partager quelques phrases, j’écris pour moi, j’écris pour mon avancement, pour mon plaisir, et cet avancement et ce plaisir me conduirons exactement au bon endroit car ce que j’ai laissé couler sur le papier ou l’écran peu importe, sera non seulement une récompense libératoire mais aussi une piste, des pistes, enfin on y croit dur.
    Les mots qui sont sortis ont fait place libre à d’autres qui viendront, et qui poursuivront inlassablement la marche en avant, car telle est la quête, suivre l’étoile. Avec cette fièvre qui est là en permanence, comme une chambre plasmatique qui par moments laisseraient s’échapper des mots trop brûlants pour rester en vous.
    Et puis il y a le papier, le stylo, toujours, car même si je finis par les mettre en forme sur une page de Word ou de je ne sais quel autre logiciel, j’ai toujours un stylo un papier à côté de moi et je note des mots des bouts de phrases des assemblages, des rimes ou des jeux de mots. Ce n’est pas forcément ce qui se retrouvera dans la version définitive mais tous ces mots écris à la main sur un coin du bureau participent à l’élaboration. On les souligne, on les encadre, on les raye, la feuille se remplit un peu dans tous les sens, des mots se retrouvent tête-bêche ou de façon heureuse associée à d’autres écrits 2 ou 3 jours plus tôt. Bien malin y compris moi-même qui pourra dire ce que deviendront ces gribouillages.
    Pour finir car je sens que je suis un peu long, je n’imagine pas donner quelques mots clés ou quelques phrases clés à Photoshop qui me dessinera sans doute un truc, un truc peut-être chatoyant, mais en aucun cas quelque chose qui me ressemblera à la fois dans le fond et dans la forme et qui surtout me priveront de tout le processus de création au cours duquel se jouent plaisir, difficulté, découverte, hasard miraculeux abandon et reprise, bref le cœur même de la création. J’ai vu ici et là quelques publications d’internautes très fiers d’eux car à partir de quelques éléments une machine je ne sais laquelle leur avait fait un beau dessin. Pas besoin d’être super qualifié pour faire la différence entre ce qui a été imaginé et créé par une intelligence humaine ordinaire et le côté léché métallique et artificiel d’un visuel créé par une machine. Alors quand je vous lis, quand je lis vos interrogations sur votre devenir face à ces machines qui ne vous laisseront aucune chance, non pas seulement parce qu’elles deviendront de plus en plus performantes mais parce que le public se pliera à ces nouveaux visuels standards et artificiels ou à ces textes mécaniques tout comme il se satisfait au fil des ans de la médiocrité de la télévision actuellement, voir même du cinéma.
    Ce que vous allez devenir, vous écrivains, des inutiles.

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