Le futur Archiduc de Caixa, remontant vers le Nord, a traversé de larges plaines à peine animées par quelques touffes d’herbes hautes remuées par le vent. Ce long voyage sans croiser âme qui vive, et même pas une musaraigne, aurait pu lui coûter la vie. Il n’avait avec lui qu’une gourde profonde remplie d’eau claire et quelques morceaux de viande séchée à suçoter. Un pays que ne gouvernait que le sable et le gravier, des flaques de boue séchée et un soleil dominateur. En un mot : un désert. Certains hommes n’en reviennent pas, et l’on intime à ceux qui en sortent que cela les a rendu plus fort. L’Archiduc de Caixa sait que non : la fatigue, la soif et la certitude d’une mort imminente et solitaire n’affermissent rien de l’âme ni du corps. Cela creuse une crevasse au fond de soi au fond de laquelle s’articulent pour toujours des cris de douleur qu’on masque plus ou moins, un sourire factice aux lèvres. Mais l’on sait pour toujours ce que ne savent que ceux qui sont passé par là.
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