L’archiduc de Caixa mit plusieurs années à retrouver le chemin de l’archiduché. Non qu’il se soit perdu, mais il savait qu’il avait largement le temps avant qu’un moins âgé que lui soit lancé a la conquête du pouvoir. Il n’était pas pressé et bénéficiait de tout le loisir de découvrir le monde. Aussi, découvrant la ville où la garde de l’archiduché l’avait abandonné, comme le veut la coutume, il choisit de s’y installer un moment. Il n’avait pas grand chose dans son baluchon : des vêtements de rechange, une boussole, un petit couteau, trois piécettes d’argent. Il se fit embaucher comme garçon d’écurie, chargé de l’entretien des boxes où il pouvait dormir, profitant d’un repas par jour et recevant une pièce de cuivre en guise de paiement. Lorsqu’il y repense, ce furent peut-être les plus doux moments de sa vie. Il rêvait bercé par la respiration des chevaux, dans leur chaleur irradiée, et ce furent, il en est sûr, ses plus belles nuits de sommeil.