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414 – Correspondance 21

Correspondance sans correspondante. Lettres en poste restante. Missive to miss. Je ne sais pas si c’est une nouvelle série. Mais je t’écris. Peut-être que tu te reconnaîtras, si tu existes ailleurs que dans ces lettres.

Tu,

Tu es toujours là. Le temps n’y fait rien. Et, plus il passe, plus il semble évident que tu seras toujours là. Tu devrais t’effacer : j’oublie facilement. Et les choses et les gens. Et les événements.

Sauf certains détails, qui n’en sont donc pas.

Le moins que je puisse dire, c’est que je ne t’oublie pas. C’est lié à l’intensité des émotions, sans aucun doute. La force. La puissance. La déflagration. La douleur.

Oh, ce n’est pas que je me souviens. Et c’est pour cela que je ne peux pas oublier. Un souvenir, c’est du passé.

Tu es présente. Tu m’accompagnes. Tu ne disparais jamais tout à fait de mon champs de vision. Les années n’y font rien, et elles s’ajoutent les unes aux autres et tu es toujours là. Parfois, je te sais juste derrière mon épaule, des heures durant. Tu lis ces mots que j’écris, en silence. Je peux presque sentir ta chaleur. Ton souffle.

Folie ? Non. La folie serait de renoncer.

Il faut croire aux fantômes. Tu me hantes et je n’ai pas envie que cela cesse. Si, un jour, je m’apercevais que tu ne m’accompagnes plus… Alors… alors, oui, j’aurai une idée précise, concrète, de ce qu’est le désespoir.

Cela n’arrivera pas.

Pourquoi me quitterais-tu ?

S.

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