Tu n’entendras pas ces mots. Je ne te dirai pas ces phrases. Sauras-tu que le silence les porte ? Et que tu pourrais les lire sur les murs, s’ils étaient encore debout ? Tu ne sauras rien de mes déclarations. Je garde les lèvres serrées. J’observe un mutisme de circonstance ; je ne t’impose rien.
Si tu me posais une question, alors je répondrais. Tu le sais, je réponds. Si tu me demandais, je trouverais la force, et, quoi qu’il advienne ensuite, j’avouerais. Tu n’aurais pas à insister beaucoup. Je sais, l’expérience aidant, qu’il vaudrait mieux parfois mentir. Mais ce n’est pas dans ma nature.
Me taire, j’y arrive mieux. Et je me terre. Oui, je me terre. Je choisis l’ombre. Les lieux d’où ne peuvent s’échapper aucun soupir.
Tu ne les entendras pas. Ni le ploc des larmes sur la roche nue. Ni les rocs qui s’écroulent sur moi en cadence. Je tais la douleur. Je tais la souffrance.
Et le vent ne souffle que l’ambiguïté des non-dits.