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413 – mots

Sais-tu qu’année après année chaque être humain prononce chaque jour moins de mots ? On tend vers le silence, l’absence aux autres. C’est nous effacer tous. Ne plus nous dire que le minimum, prononcer seulement ce qu’on ne sait pas encore taire.

Mais l’on progresse. Et, l’an prochain, nous effacerons dix mots de plus. Jusqu’à ne plus rien nous dire. Mutiques, nous nous croiserons sans nous saluer et garderons nos dernières phrases pour l’indispensable.

Quelques mots de survie. Rares. Une dépense parcimonieuse. Va savoir quoi ? Les ultimes sentiments ? Les dernières volontés ? Quelle phrase je te dirai encore dans dix ans ? Quels verbes auront la force de l’essentiel ? Quels tournures trouverai-je ?

Je voudrais te dire quoi ? Ce seraient chaque fois plus près des dernières paroles. Que je t’aime comme au premier jour ? Que rien n’a plus d’importance que ton sourire ? Que l’éclat de tes yeux ? Que je veux te savoir heureuse ?

Banalités que je peux taire. Tu sais tout cela. Autant d’économies possibles. C’est ça de moins à dire. Ça de gagné sur l’insupportable logorrhée qui nous menace.

Je t’offre mon silence. Il n’est pour personne d’autre. Nous avons dilapidé notre vocabulaire à tous vents. Sans compter. Sans réaliser nos excès.

Il ne reste que l’épaisseur de nos non-dits où nous lover.

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