Stendhal et le zeugme

Intéressante approche du zeugme chez Stendhal, dans un article dePhilippe Jousset intitulé L'économie du ton, Réflexions à partir des premières pages de Lucien Leuwen (le gras est n'est pas dans l'article initial) :

Lorsqu’il ose, dès la première page, un coq-à-l’âne en forme de zeugme (M. Leuwen « ne redoutait au monde que deux choses : les ennuyeux et l’air humide ») ou qu’il évoque, dans un oxymore, « les grâces du style militaire », ces clins d’œil relèvent d’une ironie traditionnelle : une inconséquence demande à être déchiffrée, et elle l’est spontanément comme un indice d’une dénivelée dans le discours du narrateur ; distance est prise à l’égard de son personnage. La voix du narrateur n’est pas pleine, elle est réfractée, elle « louche » vers le lecteur, aux dépens du personnel du roman. Cette complicité requise du lecteur, qui va de pair avec un usage ambigu du nous, est probablement l’aspect le plus connu et le mieux étudié du ton Stendhal.

Le zeugme, comme un clin d'oeil, un signe d'ironie, de distance… On abonde.

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