Pourquoi faire des webdocumentaires ?

Ce billet est une prise de note suite à une discussion sur Twitter avec Jean-Marie Charon sur le webdocu en PQR. Reprise de choses échangées et ajouts de quelques réflexions… Rien de très construit, donc, pour garder trace.

Nous n’avons pas redéfini la chose, mais semblons nous entendre implicitement sur Le concept : il s’agirait d’une unité documentaire, journalistique, mêlant des sources multimédias et faisant usage du lien hypertexte dans laquelle le « lecteur » a un rôle (intervention sur la narration, voire apport d’informations). Le support en serait numérique.

Pourquoi fait-on des choses pareilles ?
– pour les avoir faites
– pour voir ce que cela donne
– parce que tout le monde en fait
– pour montrer au lecteur qu’on n’est pas has been
– pour montrer aux collègues que c’est bien / qu’ils sont ringards
– pour rendre compte d’une réalité mieux qu’on pourrait le faire autrement
– pour découvrir en avançant, de nouvelles façon de raconter des histoire
– pour que lecteur s’approprie l’information

Il y a dans tout cela de bonnes et de mauvaises raisons. Pas sûr que ce soit toujours pour les bonnes qu’on s’y adonne. Et pas sûr non plus qu’on choisisse toujours la forme en fonction du sujet et de l’angle. On est le plus souvent dans l’expérimental, on joue « pour voir ». Et l’on n’avance pas avec d’abord le souci de l’information et du lecteur. Reste qu’il faut bien avancer et tenter.

Le webdocumentaire est exigeant pour le lecteur qui doit prendre le temps de lire, regarder, fureter, faire son chemin Impossible à bâcler, donc, ou on voue l’objet à un échec silencieux.

Le webdocumentaire a du succès parce qu’il est facile de convaincre une hiérarchie à faible culture numérique sur l’objet a un intérêt. Il renvoie à du connu : le reportage, le documentaire télé, il se présente sous la forme d’un produit fini aisément montrable.

Pas de gros succès d’audience à attendre sauf inscription dans projet éditorial global, et temps de vie pensé pour durer : il convient que le webdocumentaire fasse sens au-delà de son propre objet. Par rapport à une ligne éditoriale précise (ah, cette absence de ligne claire…), par rapport à un projet plus vaste, qui le relie à d’autres webdocs, à des articles à venir, aux réseaux sociaux, au reste du web… La Presse Quotidienne Régionale a-t-elle les moyens de poursuivre ces ambitions là ?

Ce n’est pas parce qu’on ne sait pas où on va qu’il ne faut pas y aller.

Escalator

 

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