fenetres

Par la fenêtre

Le travail est toujours en cours. Ecrire est plus long, plus délicat que ce que j’envisageais. Il faut trouver les mots. Et pour ça, avancer dans le réel. Sur place. Jauger la géographie des lieux. C’est pour prendre la température.

Par la fenêtre de l’immeuble se fait le lien, imprévisible initialement, de ma géographie à celle de ceux du récit. Par la fenêtre de leur immeuble, on voit les fenêtres de là où j’habitais enfant. Une coïncidence. Fortuite, forcément fortuite. Mais qui rapproche encore l’histoire à raconter.

Où l'on voit les fenêtres de l'appartement de mon enfance.
Où l’on voit les fenêtres de l’appartement de mon enfance.

J’ai habité là. Enfant. Au premier étage. Et si, grandir, c’est voir les choses sous un angle nouveau, je n’ai jamais autant grandi qu’aujourd’hui. La triple fenêtre, sans rideaux, est celle de ma chambre. J’y ai des souvenirs. C’était trente ans après l’histoire que je raconte. Trente petites années seulement.

Là, j’ai construit un village en carton, rangé mes affaires en fonction de leur couleur, écouté mon père, été serré dans les bras de ma mère, pleuré, aimé, grandi. J’ai fait une barricade. Mon père peignait dans la cuisine, juste à côté. Il y a de bons souvenirs. Ma sœur, mes grand-parents. Des soirées de Noël. Des rêves. De l’angoisse. Je regardais par cette fenêtre. Je voyais forcément cet immeuble d’où je me penche aujourd’hui. J’ignorais que je serai entrain d’écrire sur ce qui s’y était produit.

Une coïncidence. Fortuit, forcément fortuit.

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

La ville aussi, parfois.

Une réflexion au sujet de « Par la fenêtre »

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