Le journal du jour

EjournalIl est 8h. Avant de sortir de chez moi, j’attrape mon journal, sur le meuble de l’entrée où je le pose tous les soirs. Une simple feuille, que je roule sous mon bras. Je le lirai après avoir déposé les enfants à l’école, au café, juste avant de me rendre au bureau.
Bises aux enfants, quelques mètres et je m’installe. Le café arrive sans que je l’ai commandé. Je suis un habitué. Le journal est déjà déroulé devant moi.
Sur la une, les dernières dépèches sur mes sujets favoris. Rien que des faits, bruts. S’il s’est passé quelque chose d’important, un événement de premier ordre, je le saurai aussi. Mais, là, ce sont les dépèches sur les nouvelles technologies, celles sur le secteur de l’édition. Les dernières sorties de livres sont listées. Si l’un d’entre eux m’intéresse, je peux le télécharger, pour quelques euros, et le conserver en mémoire pour le lire à tête reposée ce soir.
J’appuie sur le coin inférieur. La page suivante apparaît. Les dernières notes des blogs que je lis. Des amis, des spécialistes de domaines dont je ne raterais les commentaires pour rien au monde. Les nouvelles recoupent parfois les dépèches lues précédemment, les éclairent différemment, alimentent la réflexion.
J’appuie à nouveau sur le coin inférieur. Messages personnels. On m’a écrit. Je répondrai peut-être tout à l’heure.
Une simple feuille de papier roulée. Moins d’un millimètre d’épaisseur. Mon journal du matinEjournal2 qui se télécharge automatiquement pendant que je prends ma douche, et qui se met à jour, tout au long de la journée. C’est moi qui ait choisi son contenu, qui me suis abonné, à différents services, en choisissant les mots clés adéquats…
Ce n’est peut-être pas pour demain matin. Mais un peu plus tard. C’est sûr.
Tout est déjà là, à portée de main : les flux RSS, les services d’alerte par email et le papier électronique…
Les marchands de journaux peuvent réfléchir à changer de métier. Et les imprimeurs.

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7 commentaires

  1. Hubert, ben oui, c’est simpliste. Mais je suis souvent simpliste après 23h30. 😉
    Parti pris d’écrire une note sur l’usage, ceci dit, pas une analyse. Et je pense, justement, que l’usage sera aussi simple que ça.
    Ensuite, sur l’analyse, il y aurait fort à dire, effectivement, sur ce que sera l’information dans ce cadre là. Je me contente de tracer des pistes. Mais j’imagine assez bien que l’information « journalistique » se limitera aux dépèches d’agence, un type de lecture que je fais déjà, en ligne. Et que les commentaires viendront peut-être de sources plus variées, blogs, etc. Après tout, dans ma consommation d’informations, aujourd’hui, je suis déjà assez proche de ça.
    Quelle place trouveront les rédactions telles qu’elles sont organisées aujourd’hui dans ce nouveau mode d’information ? Beaucoup de choses restent sans doute à inventer. Elles devront peut-être, mieux qu’elles ne le font aujourd’hui séparer l’info brute du commentaire. Le mouvement est peut-être déjà lancé avec les blogs de journalistes.
    Quand à la réflexion concernant les machands de journaux et les imprimeurs, que dire d’autre ? Ils ont effectivement, à long terme, de gros soucis à se faire.
    En fait, pour les imprimeurs, les soucis ont déjà commencé.

  2. J’aurais du développer plus…
    Les formes imprimées vont continuer longtemps à coexister avec les formes numériques – elles coexisteront peut-être toujours, allons savoir. La presse, les magazines, qui ont un modèle économique essentiellement industriel (fabrication de milliers d’exemplaires) ne vont pas glisser demain comme ça dans un modèle non industriel.
    Oui, les choses commencent déjà à bouger : il y a de moins en moins de journaux chez les kiosquiers par exemple. Mais les kiosquiers ne disparaissent pas forcément pour autant…
    Bref, je trouvais juste que la chute gachait la fiction d’usage.

  3. Nous sommes d’accord : je ne suis pas le premier, mais pas le dernier, à dire qu’un média ne chasse pas l’autre. En tout cas, pas du jour au lendemain.
    Il n’y a rien de pire que se risquer à la prospective. Il suffit de relire les bouquins d’il y a vingt ans pour s’en rendre compte…

  4. Ce n’est pas pour autant que la prospective n’est pas intéressante. Le scénario d’usage permet souvent d’avancer, de pousser les idées, de les faires évoluer…

  5. J’ai souvenir de quelques lectures de livres trouvés chez les bouquinistes, qui décrivaient (dix ans plus tôt) ce que j’étais sensé être entrain de vivre, et qui m’ont semblés particulièrement ridicules.
    En fait, ce n’est surtout pas à relire au premier degré.
    Par contre, tu as tout à fait raison. A l’instant de l’écriture, ça peut être passionnant.

  6. Le café arrive sans que je l’AIE commandé : subjonctif ici.
    Et, puisque j’y suis : une dépêche d’agence, comme le verbe : dépêchez-vous de corriger tout ça !
    La forme de l’information modifie l’information, c’est sûr, et les rapports qu’on entretient avec elle. Le blogue est un outil formidable, asynchrone, qui s’inscrit aussi dans le temps, à la différence de la radio et des journaux qui lui courent après.

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