Qui apprendra la répartie aux chat-bots ?

Les bots sont l’avenir du web. Ils vont petit à petit proliférer sur les services de messagerie. On s’en servira pour réserver un vol, commander une pizza, ou râler contre les retards des trains. A l’autre bout de la discussion, pas des êtres humains, non : des programmes conçus pour répondre intelligemment aux sollicitations.

Tel est l’avenir du Messenger de Facebook, de Snapchat, de Whatsap… etc. etc. La fin du web, l’avènement du dialogue avec les machines.

Comme d’habitude, tout cela n’arrive pas de nulle part. Et il y a eu de nombreuses tentatives avant ça. Qu’on se souvienne des tous premiers jeux vidéos d’aventure. On tapait deux mots, un verbe et un nom, et, selon la combinaison choisie, il se passait ou non, quelque chose. Idem sur les ancêtres des jeux massivement multijoueurs, en mode texte. Avant le web.

On se souvient d’une marque de bière qui avait monté un site devenu rapidement viral : une serveuse, ou deux, et une zone de dialogue. On pouvait commander une bière, mais aussi demander d’autres choses, ou à la serveuse de danser. Le tout en vidéo.

Bref, la machine répondait déjà aux désirs de l’homme.

C’est le principe des chatbots des messageries. Ici celui pensé par H&M

chat bot hMLe robot propose deux options. On répond par un chiffre. Par oui ou par non. Ce n’est pas plus évolué que ce qui existe depuis des dizaines d’années. C’est même assez basique.

Ce qui devrait changer ? La qualité de l’analyse linguistique, et l’intelligence artificielle. Quand un programme peut gagner au Go, il doit bien pouvoir réagir à quelques commandes simples… On est déjà habitué à parler à son téléphone pour demander ceci ou cela à Siri. La mécanique ne va aller qu’en s’amplifiant, oralement ou en mode texte.

Un bot blagueur ?

Une chose distinguera l’homme de la machine : l’humour. Le bot à qui je commande ma pizza pourra-t-il rire à mes blagues ? Ou, mieux, m’en faire une ou deux, voire, et ce serait formidable, faire preuve d’un minimum de répartie ?

Comment réagira le bot si je lui demande une pizza au caviar ? Et il y aura bien un zigoto pour le faire. Un simple « Nous n’avons pas cet ingrédient » est-il la bonne réponse ? C’est ce que répondrait le bot pour n’importe quel ingrédient qui ne figurerait pas dans la liste de ce qui peut apparaître sur une pizza. Mais, pour certaines demandes, ne doit-on pas prévoir une meilleure réplique ? Quelque chose qui humanise la relation ? Et qui rende par là même la marque sympathique ?

Une pizza au caviar ? La première réponse pourrait être : « béluga ou sevruga ? » Puis selon la réponse : « Désolé, nous n’en avons plus. Nous pouvons le remplacer par du thon, nous avons du très bon thon. Ou des anchois. C’est ton choix, c’est l’anchois. » Ou alors renvoyer l’internaute vers cet article édifiant sur la pizza à 3000 €.

Des dialogues de ce type auront un avantage certain : faire parler (on dit créer le buzz). Si la marque de bière avait eu tant de succès à l’époque, c’est qu’on cherchait ce qu’on pouvait faire faire à cette pauvre serveuse. Et l’imagination des internautes n’avait pas plus de limite que celui des concepteurs du site en question.

Difficile d’imaginer programmer un générateur de vannes automatisé, même à partir d’une base de données de vannes. Mais on pourrait déjà scénariser de nombreuses situations, en s’appuyant sur les demandes des internautes pour « humaniser » la relation tout en assurant la promotion des valeurs des marques.

Une chose est sûre, j’aimerais bien participer à un tel projet. La scénarisation de dialogues est sans doute l’avenir de l’écriture web. Pour une bonne part, en tout cas.

Ah, et si vous vous souvenez de la marque de bière, si même vous avez une capture d’écran de la chose, je suis preneur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.