Dictionnaire égoïste de la littérature française

DantzigCharles Dantzig est l’auteur d’un
«Dictionnaire égoïste de la littérature française» qui fait couler beaucoup d’encre. Près de 1000 pages pour donner à penser sur la littérature, il semble que ce soit alléchant pour certains. Pourquoi pas ? D’ailleurs, je m’y laisserais bien prendre… Et puis finalement non, à lire son interview dans le Nouvel Observateur :

N. O. – Vous avez aussi des bêtes noires. Cioran, par exemple.
C. Dantzig. – Je n’aime pas, chez Cioran, la forfanterie dans l’amertume.
Mais Cioran n’a jamais été un faiseur pompeux, ni un King Kong de son propre
génie. Voilà pourquoi je ne lui consacre pas de notice. Alors que Claudel, qui a emmerdé la France entière pendant bien longtemps, et qui continue de le faire, méritait bien qu’on s’attarde sur son cas.
Je n’aime pas l’esbroufe, voilà pourquoi je n’aime pas Claudel. Je n’aime pas non plus les jeux de langage style Oulipo. Ça m’indigne. Parce que la littérature, ce n’est pas le Rubik’s Cube. C’est tout le contraire d’un jeu.

La provocation, c’est parfois amusant, mais une telle absence de goût, moi, ça me fait tout drôle. D’ailleurs, il n’y a pas qu’à moi… Dans Libération de ce matin, Philippe Lançon n’y va pas de main morte :

Ces temps-ci, la mondanité vend le Dictionnaire égoïste de la littérature française,
de Charles Dantzig (Grasset) ; c’est la dernière peluche du nombril du
«milieu». Le livre renseigne peu sur des écrivains traités avec une
autosatisfaction mal déguisée : tout est bavardé ; rien n’est senti ;
Dantzig se touche à tout. Mais son succès critique informe sur l’état
peu encourageant de la médiation littéraire en France.
[…]

Bien entendu, ce Dictionnaire égoïste a le
vernis et le clinquant nécessaires pour justifier la pâmoison des
sourds qui ne lisent pas. Après tant d’autres, il tend au milieu et au
bourgeois, c’est la même chose, un reflet de culture à l’ancienne et
les ficelles de plomb dans lesquelles tant de momies aiment à
s’enrouler.

Lisons donc autre chose

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5 commentaires

  1. Merci !
    je ne comprends pas comment un type intelligent comme Michel Crépu a pu dire du bien de cette nullité dans sa revue… C’est grave docteur !

  2. Ce type est très pauvre.
    Je crains qu’il n’ait guère lu Cioran et qu’il ne soit pas en mesure de le comprendre, s’il lui vient l’idée de le faire.
    Je n’ose même pas dire ce que je pense de sa misérable doxa concernant le génial Perec par exemple…
    Crépu est comme les autres du milieu, quand on connaît cette mafia du V et VIe arrondissement…

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