A Rouen, 20 Minutes, papillon…

A Rouen, mardi 17 mai, 18h30, devant une petite vingtaine de journalistes et de communiquants réunis au Club de la Presse, Pierre-Jean Bozo, directeur de 20 minutes France, et Antoine Clément, le Directeur général web, expliquent avec passion, et sans langue de bois, la stratégie de leur marque dans la capitale normande.

Leur marque ? Oui, car lorsqu'on sort de la réunion, on n'imagine plus parler de 20 minutes comme d'un journal papier, ou alors de moins en moins, ou alors pas longtemps. Même si l'actuel assemblage de feuilles imprimées se targue d'être n°1 sur les jeunes actifs urbains. 36 ans en moyenne. 10 de moins, au moins, que ceux de la presse quotidienne régionale.

N°1, mais comment ? En s'appuyant sur les six raisons qui feraient, selon les études maison, que le public se détournerait du reste des journaux. Six raisons ici listées :

1. Le manque de pertinence (sujets et Angles)
2. Le prisme politicien (trop de politique politicienne)
3. L'elitisme (trop de parisianisme culturel)
4. Ergonomie, forme (taille, couleur, maquette)
5. Absence de vulgarisation
6. Le prix

Internet n'est pas dans la liste. Et le prix en sixième position seulement. Pour le reste, il y en aurait assez des journaux confus, en noir et blanc, et aux articles bâclés…

En se battant sur ces 6 points, 20 minutes fait donc du 20 minutes et produit chaque jour au moins 400 articles, pour ses 13 éditions, faisant remonter de Lille, Lyon ou Nantes des scoops avec une force de frappe locale supérieur à celle de l'AFP…

Le site Internet, lui, vit 24 heures sur 24, avec un bureau à Los Angeles qui prend le relais des mises en lignes pendant que les petits frenchies dorment d'un sommeil réparateur.

Résultat ? 800 000 à 1 millions de visiteurs par jour sur le numérique. Mass média. Et seulement 10% des lecteurs du papier qui vont pour l'instant sur le web. Un média ne mange pas l'autre.

Et pourtant, la ligne est claire : "On va glisser du print au web. Le print va se casser la figure. C'est ce qu'on prépare avec la massification de l'audience." Le point de bascule se fera lorsque 50% de la population sera équipée d'Internet mobile. "On n'a pas vocation  enrichir les imprimeurs et les distributeurs, provoque Pierre-Jean Bozo. Mais à faire de l'information."

Et cette bascule, c'est pour quand ? Bientôt, très bientôt. 2013, peut-être. Ce sera progressif.

Mais, en 2011, toujours pas de pages locales à Rouen. Ce n'est pas au programme. "Dans l'immédiat", précise Pierre-Jean Bozo. C'est qu'une édition locale, c'est cher, 1,5 millions d'euros par an, peut-être. Pas de régie locale non plus, pour vendre de la pub : mais les gros annonceurs nationaux, eux, ont moins besoin des journaux locaux, du coup…

En 2011, pourtant, première présence locale prévue sur le web : un groupe devrait être lancé sur Facebook prochainement, celui des lecteurs de 20 minutes à Rouen. Et, ensuite, le plus vite possible, un rédaction, au moins pour le web. En 2012, ou 2013. On est pragmatique, chez 20 minutes, cela dépendra des études marketing, trop tôt pour donner des dates.

D'ici là, 20 minutes aura lancé sa web télé, avec des émissions "maison", mais aussi du contenu en provenance de l'AFP, de France 24… L'ambition est dès 2015 d'être le leader des médias, de tous les médias confondus, de faire mieux, même, en audience cumulée, que le 20 heures de TF1.

Quand on pense que pendant deux ans, dans les années 1990, Pierre-Jean Bozo a été directeur de Paris-Normandie. A Rouen.

[MAJ – 19 mai 2011] Attention, je n'écris pas que 20 Minutes n'imprimera plus de journaux en 2013 ! Mais que lorsque le parc installé de smartphone dépassera 50%, 20 minute glissera progressivement du papier au numérique (peut-être à partir de 2013, peut-êtreen 2015, on n'est pas devin). Autrement dit, le tirage papier pourrait alors commencer à baisser. Ce mouvement est inéluctable, a dit Pierre-Jean Bozo,  et n'a rien de dramatique dans son esprit.

[MAJ – 20 mai 2011] Encore des précisions

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1 commentaire

  1. Quand je parle de bascule, et de glissement progressif, cela veut dire qu’à partir du moment où le taux de pénétration des smartphones et tablettes dépassera 50%, le tirage papier de 20 minutes pourrait baisser, progressivement. Et non pas, comme cela a été déformé ailleurs, que l’édition papier disparaitrait du jour au lendemain.

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