9 août – Bénédicte

Oser porter le short en dentelle au camping, de la tente à la plage. N’allez pas croire que ça va de soit. Passer devant la table pliante à laquelle est accoudée Marcel du matin au soir, le bob Ricard posé sur la tête. Et rire de ses yeux qui s’exorbitent pour faire croire qu’on n’a pas peur. Il ne nous fera pas de mal, Marcel, pas sûr qu’il tienne debout plus de deux ou trois minutes, mais quand même. On sait bien ce que ça évoque la dentelle. On a quatorze ans, mais on sait. On croit savoir. On n’est pas encore tout à fait sûre. La grande cousine de 17 ans nous accompagne. Elle ne doute plus, elle, de ce à quoi pensent les garçons, et les vieux messieurs. Elle pense qu’elle va devoir vivre avec ces regards-là toute sa vie, alors autant s’habituer, autant en jouer, autant assumer. Et puis, il y en aura un qui saura regarder plus loin, et ce sera peut-être Marc. Il est beau comme un dieu, Marc. Et rien que pour lui, elles traverseraient toutes le camping en short en dentelle.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.