7. Cloison

C’étaient des bruits parfois presque inaudibles.  Des sortes de chuintements, des glissements de matières les unes contre les autres, assourdies. Ou des chocs, bruts, distincts, métalliques. Il tentait de repérer des régularités qui expliqueraient les crissements. Des morceaux de craies cassés sur des tableaux noirs, peut-être. Une sonnerie stridente. Un éclat de voix. Une voix. Féminine. Une discussion. Un rire, des rires enchevêtrés, des éclats de rire hauts perchés. Un bang. Un verre qui se brise sur du carrelage, ou un miroir qui explose. Le bruissement d’un moteur, robot ménager, aspirateur, une mécanique et un souffle. Le hoquet de la mécanique qui s’enraye, tousse, tente de reprendre et s’arrête. Un juron indistinct. Tout est feutré. Une musique. Un rythme. Un chant. Juste assez faible pour rester méconnaissable. Les basses, surtout, qui font vibrer la brique. Il cherchait à deviner ce qui se passait derrière la cloison. La vie qui s’y déroulait. Indices maigres. Des pas, des claquements. Le glouglou glaireux des tuyauteries. L’écoulement lent d’une baignoire qui se vide.

Et le pire, le pire : le silence. Implacable. Le silence sans indice aucun.

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