28 juillet – Samson

Combien de temps me laissera-t-on profiter de ma tête roulée sans que ça tourne au drame ? J’ai senti dans l’allée des produits pour bébé le regard réprobateur vers les trois barquettes dans mon panier, et puis la moue de dégoût de la caissière qui s’imaginait peut-être les bajoues, les gencives, un bout de paupière et le groin du porc cuits, pressés, roulés, tranchés. Je crois qu’on ‘a suivi sur le parking. Trois jeunes en pantalon de lin tournaient autour de ma voiture, comme pour m’intimider. En bas de chez moi, ils étaient cinq ou six, dont une jeune fille en crop top imprimé d’un slogan : « sauvez les animaux, mangez des humains ». J’ai couru, mes courses contre moi et refermé la porte de l’immeuble derrière moi. Ils me regardaient tous fixement à travers la vitre. J’ai tiré tous les verrous et je me suis affalé dans la cuisine. Mon téléphone a vibré. Un message anonyme : « Nous te voyons… »

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