1er juillet – Olivier

A chaque jour suffit sa peine, et ce qu’il faut pour que le corps dure, que les muscles tiennent et que les équilibres subtils se maintiennent encore un peu. Jour après jour, les petites pilules s’ajoutent les unes aux autres. Quatre fois par jour, un cocktail de molécules dont j’oublie les noms malgré celle qui lutte pour la mémoire. Ce sont autant de maladies qu’on freine. Longtemps qu’on sait la guerre perdue d’avance. Longtemps qu’on voit, mois après mois, le corps qui cède du terrain, le cerveau qui vacille. Pour ça qu’il faut le pilulier, une couleur par jour de la semaine, et marqué dessus à quel moment il faut prendre les gélules. Les doigts sont gourds, et je ne lirai bientôt plus le nom des jours sur les boîtes devenues impossibles à ouvrir. Ce ne sera pas encore tout à fait la fin, mais cela y ressemblera un peu plus. Je n’entendrai pas mieux que je verrai, j’aurai encore légèrement honte de ce à quoi je ressemblerai, avant d’oublier, et j’espère qu’on prendra soin de moi, qu’au moins les douleurs soient supportables.

1 commentaire

  1. Je reçois souvent chez moi des personnes ayant un handicap mental avec l’obligation de gérer la prise de médicaments. C’est une affaire sérieuse qui fait l’objet d’un protocole précis. Le pilulier est rempli par la pharmacienne qui dispose des ordonnances. Ceux qui donnent les médicaments doivent être formés et ils sont aidés par un tableau qui précise le nom de chaque médicament pour chaque prise. Ce n’est donc pas une affaire anodine. Le stress habituel est la crainte d’oublier le pilulier à chaque déplacement. Heureusement j’ai la chance personnellement de n’avoir aucun médicament à prendre : pourvu que cela dure !

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