11 mars – Rosine

Les repas m’emmerdent. Ça revient trop souvent. Faire à manger, encore, faire à manger, recommencer. Et trouver des idées, encore des idées. Et penser à toujours avoir ce qu’il faut dans les placards. Ça va bien deux minutes. Mais tous les jours, deux fois par jours, et les enfants qui sortent une tête de leur chambre : « on mange quoi ? » et le mari pareil, qui rentre du travail : « on mange quoi ? » Je dois répondre un truc à chaque fois. C’est mon job. Et ce n’est jamais fini. Ils n’ont jamais envie de rien, ils me font confiance. Parfois un compliment : « c’est bon ». Guère plus. Le temps que je gagne sur la cuisine, c’est toujours ça de pris pour moi, pour les mots-croisés. J’adore les mots croisés. « Jeu de ballon enfantin » : tomate. Je sais, trop facile. Tomate… Voilà. « On mange quoi ? » Je sais ! Les mots-croisés, ça me donne des idées pour les repas. Toujours ça de gagné.

2 commentaires

  1. La mi-mars est-il le temps des tomates farcies ? Je préfère la fin de l’été, avec de grosses tomates ensoleillées remplies du mélange de viande hachée et de chaire à saucisse, préparé par mon boucher préféré. Sachons ajuster nos plaisirs gustatifs au rythme des saisons : patience Rosine.

  2. J’ouvre ce matin la photo quotidienne de Sébastien. Qu’est-ce que c’est? Un beau fond noir intense sur lequel se détachent clairement, oserais-je écrire joyeusement, des dômes d’ un rouge brillant bordés de gris clair. Deux de ces coupoles renversées laissent voir une matière blanche grumeleuse (granuleuse?) ponctuée d’infimes tâches foncées. Pourquoi cette photo me procure une émotion comme celle que je ressens devant une œuvre d’art? J’imagine un tableau accroché dans un musée, avant de m’apercevoir qu’il ne s’agit que de modestes tomates farcies.

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