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428 – Chaleur

Tu souffres de la même chaleur qui m’étouffe. Mais c’est un autre qui s’abreuve à la transpiration retenue au duvet de ton visage. Un autre qui se noie dans tes inondations. Nous partageons des moments d’inaction et, prostrés, vissés à notre siège par le plomb irrespirable d’un destin tragique, nous pensons l’un à l’autre. En même temps. Pour augmenter mes chances, je passe le moins de moments possible à ne pas penser à toi. Je m’assure de vivre mes journées en ta présence. Je te sais chiffonnée au réveil, charmante et souriante ensuite. Je te sais parfois légère. Peut-être enthousiaste. Tu n’es pas loin : tu es inatteignable. Ce qui, sans doute, est le propre de chaque être humain. Tu transpires, et tu resteras plus qu’à l’accoutumée sous cette douche dont je n’imagine rien qu’un retour à la fraîcheur. Nous partageons la moiteur d’une soirée de canicule et le goût salé d’une sueur lointaine. Nous partageons le contact de la condensation sur un verre d’eau glacée. Je t’imagine. Tu me hantes. Je ne dois pas me tromper énormément : je te connais assez pour savoir que nous aimerions un coin plus frais où nous asseoir ; mais le monde brûle. Nous finirons en cendres, et le vent du désert, alors, nous rapprochera peut-être. Nous n’en profiterons pas tout à fait comme d’un avenir qu’il est envisageable d’espérer.

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