Journalistes, quand twitter au nom de votre rédac ?

La question revient généralement sous cette forme : « comment expliquer aux journalistes de ma rédaction qu’ils doivent twitter avec le compte du journal plutôt qu’avec le leur ? » Dans chaque rédac, il y a ce journaliste qu’on pense imbu de lui-même et qui twitte perso puis, au mieux, se retwitte lui-même au nom de son média. Ça énerve ceux qui la jouent collectif. Mais ce journaliste a-t-il forcement tort ? Moins que celui qui utilise Twitter en son nom et s’en tient là, au risque, cela s’est vu, de se faire « voler » son info par la concurrence. Pas très fair play, mais assez logique.

Difficile d’apporter une réponse définitive, valable dans toutes les situations, mais un process permet, au cas par cas de faire face à la plupart des cas.

pyramide gallicaOn va s’appuyer pour cela sur la pyramide inversée. Le plan en pyramide inversée est celui de la dépêche d’agence, celui des principaux articles de presse, celui que l’on préconise dans l’écriture sur le web. Il s’agit, rappelons-le, de donner l’information en premier lieu, dès les premières lignes, puis d’aller petit à petit vers ce qui est moins important, en hiérarchisant les informations pour que le lecteur, quel que soit le moment où il arrête de lire, ait eu accès à l’essentiel.

Le plan en pyramide inversée s’applique à l’ensemble du texte mais également au paragraphe. La première phrase donne l’information principale, les suivante les exemples, les arguments, les illustrations.

Twitter et la hiérarchie de l’info

Avec ce schéma en tête, on imaginera que le journaliste hiérarchise les choses également lorsqu’il twitte. L’information importante, celle qui correspond aux 5 W (qui, quoi, où, quand, comment) donnera lieu à un premier twitt au nom de son média. Important que ce soit le média qui soit le premier diffuseur de l’info, notamment pour un scoop : le twitt en question fait date, et il sera cité comme ayant révélé l’information. Le journaliste est libre, ensuite de retweeter ce premier tweet. Puis, le journaliste devra pour chaque information complémentaire, choisir, selon l’importance de l’info, si elle revient à son média ou si son compte personnel peut suffire. C’est son savoir-faire en matière de hiérarchisation de l’information qui l’autorise à faire ce choix : l’indispensable d’abord sur le compte du média, l’illustratif, l’explicatif, le contextuel, pour le compte perso.

Ainsi, le fait-diversier, au bord de la route annonce l’accident sur le compte de son média, puis il twitte les circonstances, le décors, les détails, les coulisses sur son compte perso. Le bilan s’alourdit ? La circulation est interrompue ou déviée ? Cela va au compte du média.

Mais le journaliste ne s’arroge pas la primeur des informations importantes alors qu’il est sur le terrain pour le compte de son employeur. Il ne retwitte pas son compte perso avec celui du journal dans le seul but de se faire mousser et d’accroître sa notoriété.

Avec ce mécanisme en tête, on n’interdit pas au journaliste de twitter perso. Mais on l’invite à faire la démonstration de son professionnalisme. Et, surtout, on fait confiance en son savoir-faire, en son professionnalisme : il est le mieux placé pour hiérarchiser, quitte à discuter ses choix ensuite.

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