Ce que « J’aime » sur Facebook

jaime« J’aime ». Le bouton est apparu assez tardivement sur Facebook, alors qu’il en constitue aujourd’hui la trame la plus évidente. Le site est né en 2004. Il est public en 2006. Le like apparait le 9 février 2009. Oui, seulement, et ça aparait dingue tellement ce bouton fait maintenant partie de nos vies. En 2013, on comptait 3,5 milliards de « like » par jour. Tout de même. On aime quoi ? Les statuts de ses amis, les publications des pages, les commentaires, et un peu partout sur le web, sous les articles, les photos, les sons, le « J’aime » s’est fait sa petite place. Jusqu’au cinéma. Bref, le « J’aime » est partout.

Vous, je ne sais pas, mais moi, au début, je m’en servais pour signaler à mes amis ce que j’aimais, vraiment. Et puis avec le temps, je m’en suis servi pour signaler à mes amis des choses qu’ils pourraient aimer voir aussi. Et puis je me suis aperçu que mes amis étaient de moins en moins tenus au courant de ce que j’aimais par Facebook. Alors le j’ai moins j’aimé. Ah, oui, parce qu’avec le temps, je me suis mis à utiliser ce verbe « j’aimer ». Il se conjugue comme aimer, mais ne dit pas tout à fait la même chose. Je j’aime, tu j’aimes, il j’aime, nous j’aimons… J’eusse j’aimé. Pas jojo ? Mais efficace.

J’ai alors j’aimé des choses juste pour dire à ceux qui les avaient publiées que j’étais passé par là et que ça m’avait plu. Pour les remercier, en quelque sorte. Une façon de saluer, comme on lève son chapeau dans la rue en croisant une connaissance. Enfin, pour ceux qui ont un chapeau, et des connaissances.

Dernièrement, je me suis aperçu que mon usage du like avait encore changé. Je ne j’aime plus comme aux premiers temps. Je j’aime maintenant pour dire à Facebook, oui, merci, donne moi encore du contenu comme celui-là, ça m’intéresse. Mon J’aime n’est plus social, c’est devenu une façon de parler à l’Edgerank, l’algorithme de Facebook qui me présente telle ou telle publication et pas telle autre. Une façon de régler l’Edgerank. Plus rien d’amical, pas question de dire quoi que ce soit à qui que ce soit, juste une interaction avec la machine, pour la rendre un peu moins bête, un peu plus adaptée à mes attentes.

Je j’aime, mais je n’aime plus. Et c’est peut-être la plus grande erreur de Facebook. C’était un réseau social, et c’est devenu de la tuyauterie. J’ai un j’aime de plombier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.