Légendes photos : la leçon de Pierre Desproges

La (re)lecture du Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des biens nantis de Pierre Desproges est toujours un plaisir. De l’esprit, de l’humour noir, de la provocation, et de l’absurde, beaucoup d’absurde. L’ouvrage à raison d’une entrée par lettre de l’alphabet singe un vrai dictionnaire. D’abord les noms communs, puis un intermède de locutions étrangères et, enfin, les noms propres. Continuer la lecture de Légendes photos : la leçon de Pierre Desproges

[vidéo] Le surtitre sur le web

usagesParce qu’il m’est donné de dispenser des formations d’écriture et d’editing sur le web, et parce que j’aime les surtitres, et aussi parce qu’il faut partager ce que l’on sait, et puis parce que j’en avais un peu envie, avouons-le, voici une petite vidéo pour vous dire ce que je pense des surtitres et de la façon de les accommoder. Continuer la lecture de [vidéo] Le surtitre sur le web

Audience web : la revanche du lecteur

L'impact de la priorité à 'engagement sur la ligne éditoriale...
L’impact de la priorité à l’engagement sur la ligne éditoriale…

Depuis 10 ans, on se bat à coup de billets de blogs sur la question de savoir si il faut écrire pour Google, ou si l’on doit continuer à écrire pour les lecteurs. Google lui-même privilégierait les textes qui ressembleraient le plus à des textes écrits pour des humains. Tant bien que mal. Bref, langage naturel ou langage robotisé, c’est la bagarre. Continuer la lecture de Audience web : la revanche du lecteur

Serge July, littérature et journalisme

dictionnaire journalismeDans une interview à propos de son Dictionnaire amoureux du journalisme, Serge July dit dans Le Monde :

Pour nous, le nouveau ­roman, ça devait être le nouveau journalisme. On était imprégnés par le texte de Sartre, dans les Temps modernes, qui faisait du reportage le propre de la vraie littérature. Et Sartre nous a aidés à forger une autre langue, une langue « parlée/écrite  » qui renvoyait à La ­Nausée, ce grand livre. L’autre auteur qui nous a influencés, pour ce qui est de la langue, c’est le Cavanna de Hara-Kiri et de Charlie.

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Vous n’allez pas revenir de l’article qui a ce titre à la con…

C’est un titre pour les réseaux sociaux. Un titre piège à clic, un de ceux qui ne disent rien, rien d’autre que le fait que vous allez avoir une surprise, et une sacrée surprise, si vous cliquez dessus sur Facebook, ou sur Twitter, ou ailleurs. Vous n’allez pas en revenir. On fait une promesse au lecteur. La sidération, l’émotion, l’étonnement au moins. « A une minute trente deux, cette vidéo d’un chaton qui voit sa mère pour la première fois va vous faire miauler… » Qui résisterait ? C’est la marque de fabrique du Démotivateur. De plus en plus copiée. Continuer la lecture de Vous n’allez pas revenir de l’article qui a ce titre à la con…

Ecrire trop vite

Ecrire trop vite ? C'est un des principaux défauts de qui écrit pour le web. Et le résultat ? Des phrases incompréhensibles, qui disent parfois le contraire de ce qu'on aurait voulu écrire. Comme pour les rhumes, personne n'est à l'abri… La preuve avec ce court extrait d'un article lu sur la version suisse de 20 minutes :

Les virus provoquent bien sûr des refroidissements. Mais il ne faut pas oublier qu'ils ne sont efficaces que contre les infections bactérielles. (sic)

Nos lecteurs attentifs auront rectifié d'eux-mêmes. L'original (c'est le cas de le dire) est en ligne là.

Le parler que j’aime

"Le parler que j’aime, c’est un parler simple et naïf, tel sur le papier qu’à la bouche, un parler succulent et nerveux, court et serré, non tant délicat et peigné comme véhément et brusque."

Michel de Montaigne, à qui l’on doit cette phrase, aurait sans doute fait des merveilles avec un blog (j’adore ces phrases qui ne veulent pas dire grand chose). En tout cas, ça correspond bien à ce que devrait être une écriture web maîtrisée, non ?

Cette citation de Montaigne est en page 33 d’un livre superbe sur l’écriture et la langue française, que l’on doit à Maurice Deleforge Delforge, professeur de français à l’école de journalisme de Lille pendant une bonne quarantaine d’année : "En français dans le journal", editions Valhermeil, 2001.

Mindmap : Ecrire sur Internet

Bon, comme je vais devoir parler sur France Culture de l’influence de l’écrit numérique sur l’écrit… Et bien, j’ai jeté mes courtes idées du moment sur le sujet dans une "mindmap". Une première pour moi. Ca donne une idée de mes connexions de concepts à l’instant t ? Mais c’est encore incomplet et mériterait affinages et creusages divers et variés. Un premier pas.

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Ca s’ouvre en grand et en pop up si on clique dessus, normalement…

Les amourettes et la cervelle

"Quand vous citez un texte con, n’oubliez pas le contexte." (Prévert) Il me fallait un bon exemple, pour souligner que, hors contexte, on pouvait aisément se fourvoyer dans la compréhension d’une phrase. Et la phrase, je l’ai :

“Les amourettes peuvent très honorablement remplacer la cervelle.”

Une phrase amusante sur l’amour qui rend bête ? Non, pas vraiment, elle est de Françoise Bernard, et provient de son livre  "Les Recettes faciles". Si vous ne savez pas ce que sont les amourettes… Ce ne sont pas seulement  des amours passagères : les amourettes désignent également la moelle épinière de certains animaux de boucherie.

Etude de titre

Soit un titre raté, voyons pourquoi.

Titre_nadal

"Rafael Nadal est, définitivement, de plus en plus seul sur terre". On est à deux doigts d’un bon titre, à deux doigts seulement. Voyons, d’abord, ce qu’il conviendrait de retirer. Le verbe "est", un verbe faible, qui n’apporte rien : "viré !" "définitivement", et bien, non, rien de définitif, puis que le titre nous dit ensuite "de plus en plus" ce qui indique au contraire une évolution. Boutons l’adverbe hors du titre. De plus en plus ? C’est ça l’info, je ne crois pas, non. Viré également. Le prénom ? Pas indispensable. Il est pas beau mon titre comme ça :

Nadal, seul sur terre

C’est parfois beau, la simplicité. Mais allons jusqu’au bout. En terme de mots clés, "terre", tout seul, ce n’est pas terrible. D’autant que "Nadal, seul sur terre", je ne suis pas le premier à y penser. Alors, ajoutons juste ce qu’il faut :

Nadal, seul sur terre battue

Pas forcément mieux, mais plus utile à Google, et moins fréquent sur Internet. Ce qui n’est pas un mal.