29 octobre – Narcisse

Je suis formidable. Vraiment. Et n’allez pas croire que je ne sois pas objectif : j’ai beaucoup regardé les autres, et je ne les ai pas trouvés à la hauteur. Ils rechignent, ils se plaignent, ils pleurnichent. Ils sont laids. Toujours une imperfection, un truc de travers, quand ce n’est pas l’entièreté de leur visage disgracieux qui s’avère un affront au bon goût, une insulte à l’esthétique, une offense à la nature. Je n’ai rien à reprocher au mien. La chance d’une complexion avantageuse, et un peu d’entretien sans lequel on n’est rien. Je surveille mon alimentation comme mes fréquentations. Je m’adonne à quelques activités physiques régulières. Et j’embellis. Même si je pense le plus souvent que je ne progresserai plus tant je me semble parfait, il arrive que le lendemain, je me trouve plus beau, plus fort, plus élancé, plus souriant. Alors, je reprends des épinards.

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