28 août – Augustin

Quelles sont les raisons qui m’ont poussé au métier que j’exerce aujourd’hui avec passion et, je veux l’espérer, avec compétence ? D’aucuns y voient un sens du service public, un goût pour la justice, peut-être parfois un brin de psychorigidité. C’est mal me connaître. Si je suis aujourd’hui sous-directeur de l’autorité de régulation des marchés, c’est grâce à ma grand-mère et ses talents en cuisine. Elle préparait à merveille, avec une forme de perfection pâtissière que je n’ai jamais retrouvée ailleurs, une spécialité absolument délectable dont les copies trouvées chez les meilleurs artisans m’ont toujours semblé pâles. Et son humour, avant même que je sache ce qu’elle voulait dire, la poussait chaque fois qu’elle posait l’assiette de gâteaux encore tiède sur le formica de la cuisine à lâcher, de sa voix espiègle : « il faut toujours mettre les financiers à l’amende ». J’ai compris, un peu plus tard. Et je me suis promis de ne jamais la décevoir.

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