27 juin – Fernande

Je suis sur une chaise de la cuisine, au milieu du salon, les bras dans le dos, les pieds maintenus par du ruban adhésif qui m’empêche aussi d’appeler à l’aide. Ils m’ont immobilisée là, puis ont vidé méthodiquement tous les placards. Il n’y avait rien que quelques billets, des économies, mais si peu qu’ils auront tout dépensé en une soirée. Et ils sont partis. Ils m’ont laissée, et je ne peux pas bouger. Des heures. Des heures, et je n’ai pas les forces pour me détacher. À mon âge. J’ai uriné sur moi deux fois déjà. Ce sera bientôt pire. Ce n’est pas une façon de mourir, vraiment. Oh, je n’en avais plus pour longtemps, mais là… Sur le buffet, à trois mètres devant moi, il y a les photos de mes enfants, de mes petits-enfants. C’est ma seule satisfaction. Ils sont la dernière chose que je verrai. J’ai mal. J’ai soif. J’espère que je perdrai bientôt connaissance.

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