21 octobre – Céline

Longtemps sans dire qui je suis, cachée derrière, mais devant, conforme à l’attente, rigoureuse et dans les clous. La peur du jugement, et de la cohérence qu’il faudrait trouver après. Car si je dis les choses, si j’avoue, – avouer parce que coupable -, si je démonte la façade, si j’entreprends d’être vraie, alors rien ne résistera de ce que j’ai laissé les années construire. J’ai beau consolider, placer des étais, renforcer la structure, ça ne tiendra pas deux minutes. Rien ne résisterait. Il n’y a que moi qui sait, et j’ai tout si bien maquillé que personne ne se doute. Il faudrait saisir mon regard dans ces instants de solitude qui me laissent relâcher enfin les muscles du visage. Mais il n’y a personne. Je vous invite pour une raclette et l’on va rire. Et boire. Et rire encore. Et je retiendrai Apronien pour la nuit, ou un autre, pour m’oublier encore, me cacher à moi-même, résister tant que je peux.

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