20 mai – Bernardin

Tu fais monter la température, et je peux le prouver. Ta façon d’entrer dans une pièce, un certaine nonchalance, une lenteur dans les gestes, un dédain du regard. C’est automatique. Deux ou trois degrés, et si tu restes, très vite, c’est intenable. L’air devient moite et je transpire. Ta façon de t’asseoir, ou de rester debout. Ton coude contre un mur, et comme tu plies la jambe. Je pourrais détailler à l’infini le jeu de ta paupière, ton sourire, le duvet de ton avant-bras, la courbure de ton cou. Je suis fiévreux et tu gardes cette froideur qui te rend désirable. Tu attrapes un verre, tu le vides, tu mâchonnes un stylo, tu tapes sur un clavier : quoi que tu fasses, ta désinvolture me tétanise. Je prends la température, je note les variations thermiques : je ne rêve pas, tu exploses le compteur. Je n’y résiste pas.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.