19 juillet – Orianne

Enfin trouvé, et je n’en suis pas peu fière, une illustration tout à fait édifiante de l’inconsistance sidérale du monde contemporain. Déjà, l’argument incroyable du produit dans lequel il n’y a rien. Le zéro comme justification marketing : ça marche pour le soda, pour le fromage, et donc pour le gel douche. Rien, il n’y a rien là-dedans, nada. Zéro. Pour ça qu’on vous en vend, et pour ça que vous allez l’acheter. Et voilà-t-y pas qu’on pousse le bouchon un peu plus loin. Du zéro à moins cinquante pour cent. C’est beaucoup moins cher, mais que reste-t-il ? Moins que rien. Et vous allez vous précipiter pour en profiter. Parce que c’est une affaire, une vraie. Le néant à portée de main. La vacuité comme horizon ultime. Rien n’aura jamais autant ressemblé à la vie qu’une tête de gondole. Et votre regard creux après la douche cherchera en vain le moindre sens à tout ça.

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