19 août – Eudes

Le balcon en surplomb de la rue, juste une petite table en métal et la chaise assortie et l’immuable rituel du café du matin, l’œil perdu vers les piétons qui se pressent à leurs occupations. Le café que je laisse tiédir et les passantes qui passent et les hommes dont les trottinettes filent. Ils ne regardent rien que le bout de bitume à venir entre deux vérifications inquiètes au cadran de leur montre connectée. Connectée à quoi ? Ça vibre ou ça clignote, et c’est le monde qui les appelle et la rue qui s’efface. Ils accélèrent, slaloment et rien ne semble pouvoir les arrêter. Tout se plie à leur urgence, et pilent les voitures dont ils frôlent les parechocs dans la maîtrise étonnamment décontractée de leurs virages en épingle. Le monde vibre et clignote, ils ont à le sauver. A moins qu’ils s’enfuient le plus loin qu’ils peuvent, et le plus rapidement, de la source inconnue de leurs notifications incessantes. Je lampe mon café. Le premier. Et je n’ai rien à faire.

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