15 août – Marie

Je veux bien commencer à penser à la rentrée des classes, mais à condition que ce soit joyeux, coloré, et que je sois sûre de pouvoir en mettre plein la vue aux copines. Je veux des pages d’écriture de toutes les couleurs et qui brillent de mille feux. Je veux des mots bariolés, des arcs-en-ciel de paragraphes, des scintillements de retours à la ligne. Je laisse les feutres noirs aux filles sans imagination, aux tristes désolées, aux bougonneuses. Je laisse le bleu aux dépressives, aux ternes, aux banales engluées dans leur spleen. Je serai celle qui met du rose dans ses marges et des paillettes dans ses copies, celle qui souligne ses titres en fluo. On a bien le temps de se ronger les ongles et de ruminer un désespoir inéluctable. Pas de ça pour moi. Laissons ça aux vieux. Je pétillerai et ce sera un feu d’artifice permanent. Le bonheur est dans la couleur. Je laisse la douleur à qui veut.

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