13 juillet – Clélia

Égal, égal, égal, chaque grain comme son voisin, chaque épi pareil, un champ à l’infini et mises en boites identiques du maïs qualibré cloné. Quoi de plus déprimant que les rangées strictement reproduites de lots similaires au point qu’il est impossible de distinguer le troisième des deux premiers et d’indiquer avec certitude lequel est offert parmi ceux qu’on a payé. Ironie alors qu’avoir un grain est justement ce qui nous distingue de l’ordinaire : grain de beauté, grain de folie, grain de peau, c’est ce qui fait de moi une autre que toi, résolument dissemblable et pétillante, absolument autre et inattendue, clairement unique et inconfondable. Les lots de boîtes de maïs sont bien la chose la plus éloignée de moi et la dernière des choses que j’aimerais voir dans mon garde-manger. Au moins que les légumes poussés sans contraintes y soient à l’image de ce que j’entends faire de ma vie, libre et sans contrainte.

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