12 avril – Vissia

Les petits enfants qu’on appelle dans le jardin comme on m’y faisait venir le jour des cloches pour la chasse aux œufs. Ce sera formidable encore cette année, comme une nuée de moineaux qui se ruent sur les miettes du repas, les bambinos au pied des arbres et piétinant un peu des massifs qui s’en remettront. Je mettrai des petits œufs partout, pour que les plus petits aussi aient une chance de remplir leurs paniers d’osier. Des œufs comme s’il en avait plu. Des œufs à se remplir les poches. Des œufs à s’en exploser le ventre. Ne mangez pas tous les œufs maintenant, je le dirai aux bambinos, je leur dirai, mais ils n’écoutent pas, ils n’écoutent jamais, ils n’en font qu’à leur tête. Et ils ont mal au cœur. Mais ils adorent, et ils reviennent chaque année, et ils en parleront dans vingt ans, ils se souviendront pour toujours de leur tante italienne et de ses oeufs qui venaient directement de Rome, Roma, apportés par les cloches auxquelles il fallait savoir parler pour que les œufs tombent au bon endroit. Ils n’oublieraient jamais.

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