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437 – Correspondance 25

Correspondance sans correspondante. Lettres en poste restante. Missive to miss. Je ne sais pas si c’est une nouvelle série. Mais je t’écris. Peut-être que tu te reconnaîtras, si tu existes ailleurs que dans ces lettres.

Tu,

J’ai vu une aquarelle qui, sans aucun doute, représente la porte d’entrée si particulière de ton immeuble. C’était inattendu et il m’a fallu un moment pour décoder cette étrange sensation de familiarité.

Tu sais, je ne suis jamais repassé dans ta rue. Et si j’ai dû m’approcher des voies les plus proches, ça a toujours été avec réticence, avec prudence, et, aussi rapidement que possible, j’ai repris mes distances. Rien que je souhaite moins aujourd’hui qu’une rencontre que tu n’aurais pas désirée.

Je reste à portée. Je ne serai jamais si loin qu’il te serait impossible de me joindre. Tu n’as qu’un geste à faire et tu me retrouveras exactement là où je dois être.

Si, longtemps, j’ai attendu et si, longtemps, ça a été ma principale occupation, je réalise maintenant de temps à autres quelques actions que j’aimerais partager avec toi. J’aurais des choses à te raconter. Quelques motifs de fierté, même, ce que je n’ai pas toujours été sûr de pouvoir m’autoriser à nouveau. Il y a des événements que je suis triste qu’on ne partage pas, sans compter tous ceux que tu gardes pour toi.

Je respecte tes choix. Ton silence. Et j’interprète toit ce qui nous sépare comme ta volonté qu’il en soit ainsi.

J’ai vu une aquarelle et j’ai pensé à toi. J’ai pensé aussi à ne pas te l’envoyer.

C’est sans doute ce dont je peux être le plus fier, penser à ne pas t’envoyer ce qui me fait penser à toi. Ce serait, à bien y réfléchir, beaucoup trop de messages.

S.

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