Passe passe passe
Passe
À d’autres passions
Et même
Et même
Laisse faire la magie
Des buissons d’hortensias
Des explosions de magnolias
Des bosquets fleuris de mimosas
Lilas camélias rhododendrons fuchsia
Passe passe passe
Aux bords de mer aux plages aux embouchures de fleuves
Impassibles comme sont toujours les fleuves
Avant de s’acoquiner aux océans
Passe aux embruns à l’iode à l’odeur inattendue du monoï
Aux après-midi à l’ombre des tilleuls
Passe aux mots des poètes qui savent ce qu’ils disent
Passe aux vers des maudits aux strophes des applaudis
Passe d’ode en élégie de sonnet en distiques
Et ris de la morale des fables
Puisque passe-passe il faut bien rire
De la loi du plus fort de la mouche du coche du chien qui mord le loup
Passe passe passe
Mange bois et presse contre ton cœur celles et ceux comptent
Et laisse te traverser l’ombre de la montagne juste après l’orage
Écoute gronder le torrent cascader la cascade
Et vois ce qui passe passe passe
À l’orée du bois
Sur le chemin de crète
L’animal quadrupède indifférent
Vois l’or des automnes
Passe passe passe
À la tendresse d’une main sur l’épaule
À celle d’une joue collée un peu plus longtemps qu’il suffirait sur une autre joue
Passe passe passe
