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446 – Le fouet à manivelle

C’est un fouet qu’on a dompté, mis en cage – deux petites cages ovales de fils courbés –, et qui ne claque plus : il tourne. Pour un tour de poignet, la roue dentée en rend quatre, comme un moulin qui fabriquerait le vent. Les deux têtes jumelles dansent en sens contraire et s’interpénètrent sans se heurter – politesse d’horlogerie. Plongées dans la glaire, elles y font entrer l’air, et du transparent naît le blanc, du visqueux la neige, de l’humble ce qui monte. Et pourtant nous la connaissons de l’intérieur. Car il est des nouvelles, des visages, des mots, qui saisissent soudain la manivelle au fond de la poitrine : alors deux fouets se mettent à tourner là où était le cœur, le brassent, le fendent sans le casser, y font entrer un air qu’on ne savait pas respirer. Il est broyé et pourtant plus vaste qu’avant. L’outil, lui, a regagné le tiroir des cuisines de nos grands-mères, sous les torchons pliés qui sentent l’armoire. On l’y a oublié comme on oublie un geste. Squelette de mante aux antennes enroulées, dont on ne devinerait guère, à le voir si maigre, qu’il sut faire du volume – ni qu’il sait encore, au premier tour de manivelle, rendre palpable ce que nous éprouvions.

Exceptionnellement, texte un peu travaillé à l’IA (l’image complètement)
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