Comment je n’ai pas fait fortune en mettant mon roman sur Amazon

Eno evantailJ’ignorais qu’on pouvait tomber aussi bas. J’ignorais que je tomberais aussi bas. Mais je veux vous faire profiter de mon expérience. Alors qu’Amazon communique sur les succès de sa plateforme d’autopublication, il faut savoir que tous les livres ne rencontrent pas le succès escompté. Continuer la lecture de Comment je n’ai pas fait fortune en mettant mon roman sur Amazon

L’homme-dé, roman culte et hasardeux

Avec son roman L’Homme-dé, Luke Rhinehart écrit l’autobiographie fictive d’un psychiatre qui découvrirait cette nouvelle règle de vie : se soumettre aux choix des dés pour décider ce qu’il doit faire. Je découvre l’ouvrage après la parution d’Eno, la chasse aux rastacs où j’imagine une société régie par des tirages à pile ou face. C’est dire avec quel intérêt je me suis plongé dans la lecture des 500 pages du romancier américain. Continuer la lecture de L’homme-dé, roman culte et hasardeux

Les liens du dimanche #9

La grande affaire de la semaine, c’est la disponibilité des romans de la rentrée, parfois avant leur sortie, gratuitement, sur quelques sites de piratage. De quoi donner des sueurs froides aux éditeurs, comme le souligne Thierry Crouzet. C’est que la lecture numérique a bien des avantages. D’ailleurs, n’hésitez pas à participer à ce projet !

Sur Facebook, on est parfois envahi d’actualités présentées de manière un peu sensationnelle mais sans véritable intérêt. Des infos aux titres racoleurs. Le réseau social a décidé de faire le ménage. Les choses sont ainsi expliquées sur Génération NT :

Selon Facebook, 80 % des utilisateurs interrogés dans une étude indiquent qu’ils préfèrent que les titres les aident à décider s’ils veulent lire l’article entier avant de cliquer.

Pour faire le ménage dans le fil d’actualité, le réseau social va surveiller le temps passé par un utilisateur pour lire un article après un clic. Un indicateur sera que si un utilisateur revient immédiatement sur Facebook à la suite d’un clic… il n’a pas été satisfait.

Un autre facteur pris en compte consistera à regarder le ratio d’utilisateurs qui cliquent sur le contenu par rapport à ceux qui en discutent et le partagent avec des amis. À défaut de telles interactions, ce sera aussi un signe que la qualité du contenu n’a pas été jugée suffisante.

Facebook fait partie de ces services qui gardent, vous le savez, de nombreuses traces de vous. Pour y voir plus clair, lisez donc cet article de Rue89.

Dans les formations que je dispense, j’insiste toujours sur le fait qu’on passe beaucoup de temps à réfléchir à sa home page, alors que la façon dont se présentent les pages intérieures d’un site est très importante. Il est bon de rappeler cependant que la home page n’est pas morte, à partir de l’exemple d’un site qui y est revenu après avoir voulu s’en affranchir.

L'avenir de la presse au cœur des liens de la semaine (Capture du documentaire Presse :vers un monde sans papier ? Diffusé sur Arte
L’avenir de la presse au cœur des liens de la semaine (Capture du documentaire Presse :vers un monde sans papier ? Diffusé sur Arte

Côté média, rentrée oblige, ça parle beaucoup de stratégie. Le patron de Radio France explique dans Libération que « la radio va plus vite que le web ». Mais dans Les Inrocks, c’est Johan Huffnagel, le numéro 2 de Libération qui explique que « le papier n’est plus la priorité de Libération ». Ce qui permet à David Servenay, journaliste et cofondateur de la Revue dessinée, de tracer pour Libération un avenir :

si « le papier n’est plus la priorité de Libération » comme le souligne Hufnagel, alors tirez-en toutes les conséquences ! Passez, par exemple, de six à deux éditions papier par semaine : cela vous coûtera moins cher, mais pourrait aussi vous rapporter beaucoup plus en développant un vrai site, satisfaisant pour vos lecteurs et qui génère des revenus.

Ben voilà, on y vient. Et l’on tient peut-être une occasion de lutter contre le lent déclin de la presse française pointé par Challenges avec l’AFP. Attention néanmoins, rien n’est simple dans ce domaine. La preuve outre-rhin avec les difficultés de Der Spiegel à mettre en oeuvre sa stratégie de rapprochement entre le web et le papier.

Côté web et média, les relations sont en effet souvent compliqué. La preuve encore, dans un autre genre, avec l’attaque du Parisien (le journal) contre The Parisienne (le blog). Rue89 dresse un bilan du sujet.

Et pour finir, la traditionnelle vidéo de la semaine. C’est le documentaire qui a tout à voir avec les liens précédents Presse : vers un monde sans papier ? Diffusé par Arte. Il ne devrait être visible ici que jusqu’au mardi 2 septembre 2014.

https://www.youtube.com/watch?v=DBJZesXZvjA

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Cinq raisons de préférer le livre électronique

J’aime le papier, j’achète toujours des livres à l’ancienne, et je ne compte pas m’arrêter. Mais force est de constater que le livre électronique a quelques avantages au quotidien que le papier n’a pas.

Lire dans le noir

Evidemment, cela marche mieux avec les tablettes, rétroéclairées. Je lis dans le noir, sans m’abîmer les yeux, il me semble, si je règle correctement la luminosité : cela ne fonctionne pas très bien si l’on espère bronzer avec ma tablette. Anecdotique ? Pas forcément lorsqu’on vit à deux. Côté confort de lecture en tout cas, avantage au livre électronique sur lequel on peut en ouvre choisir la taille des caractères.

Retrouver un passage

Un livre électronique, c’est la recherche en texte intégral. A partir d’un mot ou d’un bout de phrase, je retrouve instantanément le passage qui a laissé une trace, parfois confuse, dans ma mémoire. A une échelle plus large, je ne perds pas mes livres électroniques alors que je n’arrive parfois plus à remettre la main sur ceux en papier. Mais bon, c’est que ma bibliothèque est un peu en désordre. Sur mon PC j’utilise Calibre (fonctionne également sur Mac et Linux).

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Ce que j'ai pu faire subir à mon éditions d'Alcools d’Apollinaire...
Ce que j’ai pu faire subir à mon édition d’Alcools d’Apollinaire…

J’ai un usage professionnel du livre, notamment pour écrire mes recueils de citations, mais pas seulement. En fait, je me sers de livres dès que j’écris un livre. L’annotation me permet de griffonner sur le livre électronique sans conséquences. Certains de mes livres en papier ne se sont jamais remis de mes lectures les plus attentives.

Copier/coller

Pas bien, le copié collé ? Tout dépend. Je copie colle beaucoup depuis les livres électroniques vers Evernote, qui me sert de carnet de notes virtuel. Et l’on gagne vraiment du temps par rapport à tout retaper à la main. Sans compter qu’on limite le risque d’erreur.

Transporter ma bibliothèque

Combien emportez vous de livre avec vous en déplacement ? Deux, trois, une valise au mieux. Pas de limite avec le livre électronique : même pas la limite de la mémoire. J’ai tous mes livres électroniques dans le cloud, quelque part sur Internet, qui n’attendent que d’être téléchargés lorsque j’en ai besoin.

Pour finir, un sixième avantage, je ne perds jamais ma page. Petit miracle de la technologie, le livre électronique se rouvre toujours exactement là où j’avais interrompu ma lecture. Pas belle la vie ?

Alors, oui, le livre papier, parce qu’on y est habitué et qu’il semble ne jamais tomber en panne a ses atouts. Mais choisir un camps plutôt que l’autre ?

Et si Amazon avait raison ?

Amazon ne paye pas ses impôts. Amazon propose des conditions de travail indignes à ses manutentionnaires. Amazon n’est pas du côté des philanthropes. Loin de là. Et c’est dommage. Amazon est, avant tout, du côté de ses actionnaires. Ceci est clair. Ceci est posé.

Amazon voudrait faire croire qu’il est du côté des lecteurs et des auteurs. Et ceci pourrait contrebalancer cela. Le bras de fer qui oppose Amazon à Hachette aux Etats-Unis ne manque pas d’intérêt (lire l’article du Monde) : la question serait le prix des livres électroniques. Il est excessif en France. Concernant, en tout cas, les éditeurs historiques. Parce que Publie.net a bien compris quel était le prix juste. Et, dans un autre genre, Ska aussi. Quelques euros, pas plus.

Lire

Pour Amazon, du coup, l’auteur gagnerait plus qu’au tarif « à l’ancienne ». C’est expliqué dans un article de Slate.fr. Et c’est tant mieux, pour l’auteur, pour le lecteur, pour l’éditeur, et pour Amazon et ses actionnaires. Alors, pourquoi ne pas fondre sur une solution qui permettrait à tout le monde de vivre mieux ? Parce qu’il n’est pas facile de laisser au bord de la route le libraire, l’imprimeur, et tout ce qui fait intermédiaire aujourd’hui entre l’éditeur et le lecteur.

Les éditeurs traditionnels ont de quoi avoir peur : tout est entrain de changer. Pour les libraires, c’est encore pire, et plus compliqué.

Les auteurs, eux, ont à y gagner. Ils y gagnent chez Publie.net ou ska : parce qu’il y a moyen de construire des alternatives à Amazon (et Hachette pourrait le faire, tiens). Ils y gagnent aussi chez Amazon (où l’on retrouve les deux premiers au format Kindle, d’ailleurs). On promet sur Amazon des pourcentages sur le prix de vente qui n’ont rien à voir avec ceux promis par les éditeurs traditionnels. On descend parfois dans le livre papier à 3% du prix de vente hors taxe, on monte pour les plus chanceux à 12%. Dans l’électronique, on imagine aller jusqu’à 70% pour l’auteur ! C’est ce que propose Amazon pour ceux qui publient en direct sur sa plateforme… De quoi rêver.

Evidemment, dans ces conditions, il faudra que l’auteur fasse une partie, non négligeable, du boulot de promotion. Le buzz dépend de lui. Mais, si la mayonnaise commence à prendre, alors, la force de frappe d’Amazon vient à la rescousse, avec son moteur de recommandation, ses mails, ses mises en avant. Et là, c’est bingo. En théorie, du moins, et en pratique dans quelques cas avérés, y compris en France.

Il ne s’agit pas de vendre du rêve : c’est du boulot aussi. Et je sais la qualité et l’intérêt du travail d’un vrai éditeur. Un qui paye ses impôts en France, et qui pense aussi à ses actionnaires. Je sais le temps passé sur les textes, les réflexions sur les couvertures, les envois aux journalistes, les passages à la radio, les articles dans la presse.

Je sais que l’éditeur, lorsqu’il fait bien son travail, rend le livre meilleur, le défend, et se charge de toutes ses contingences qui détourneraient l’auteur de l’écriture si il avait à s’en occuper. J’imagine même, que si l’éditeur est tellement indispensable, Amazon finira bien par en avoir. Des éditeurs maison, qui travailleront sur des titres. Et que tant qu’il n’en a pas, c’est qu’il n’y a pas de réel retour sur investissement de ce côté, alors que, manifestement, en misant sur les auteurs…

Courte vue ? Que se passera-t-il lorsque les éditeurs à l’ancienne seront morts et que les libraires qui n’auront pas su devenir des lieux de vie auront disparu ? Qu’adviendra-t-il lorsque les bibliothèques de prêt n’auront plus de rôle face au streaming généralisé de la lecture ? Rien, il ne se passera rien. J’achèterai sur Ska, je m’abonnerai à Publie.net ou à Amazon. Je lirai toujours, et peut-être même que je gagnerai mieux ma vie en tant qu’auteur.

Si seulement Amazon comprenait l’intérêt d’une politique sociale pour ses employés, et la grandeur qu’il y a à payer ses impôts. C’est peut-être sur ces sujets là que les auteurs pourraient faire pression, puisqu’ils ne semblent pas se plaindre lorsqu’Amazon vend gentillement leurs livres.

[mise à jour 18/08/2014] Lire aussi : « Au revoir Amazon ! » – Fronde des auteurs en Allemagne aussi

J’ai lu Literary life de Posy Simmonds

Literary lifeOn doit déjà à Posy Simmonds Tamara Drewe. Le film vaut le détour. Les personnages d’écrivains qui y sont croqués également. On lui doit également Gemma Bovery. Le film tiré de ce roman graphique là sort en septembre 2014, avec Fabrice Luchini et Gemma Aterton, pour partie tourné à Rouen. Mais ce dont on parle aujourd’hui, c’est Literary life. Un recueil de chroniques graphiques sur la vie littéraire parues entre 2002 et 2005 dans The Guardian Review. Ces chroniques parlent de la vie littéraire, comme leur nom l’indique. Et l’on retrouve une galerie de portraits qui n’est pas sans rappeler celle de Tamara Drewe et de sa pension de plumitifs.

Egos surdimensionnés, crises d’angoisse ou de jalousie, petits travers et défauts monumentaux : la figure de l’écrivain est détaillée en petits morceaux, qu’il soit jeunesse ou à succès, du dimanche ou inspiré. Les dialogues courtois entre écrivains qui se jalousent, se détestent ou cherchent à s’en mettre plein la vue sont particulièrement bien sentis. Quelques personnages récurrents viennent à leur secours : un privé très années 50, un médecin et son assistante infirmière. Hilarante lorsqu’elle tente de soigner les écrivains de la maladie du cliché. Car ce qui caractérise l’écrivain c’est qu’il a des problèmes.

Pas un seul heureux de son sort. Mais des êtres fragiles envers lesquels Posy Simmonds a une vraie sympathie. Et, au final, toute ironie bue, le lecteur également.

Acheter : Literary Life: Scènes de la vie littéraire

Pour le plaisir :