Ce qu’écrire sous pression veut dire

Qui écrit a perdu ce qu’il écrit. Au moins une fois l’ordinateur a détruit un fichier que l’on avait mis des heures à peaufiner et qu’il faudra, si l’on en a le courage, l’envie, la nécessité recommencer, réécrire. Il faudra dépasser en tout cas le découragement du moment pour passer à autre chose : une vie sans ce texte là, au moins une vie avec une autre version. Continuer la lecture de Ce qu’écrire sous pression veut dire

Riddle : sondages, quiz et tests

Une interface épurée pour créer des contenus interactifs
Une interface épurée pour créer des contenus interactifs
On trouve tout sur le web. Tout, et tous les outils. Pour réaliser sondages, test ou quiz aussi. Mais j’ai rarement été réellement séduit. Avec Riddle, c’est différent. L’outil est d’une simplicité enfantine et pensé pour le partage pour les réseaux sociaux. Continuer la lecture de Riddle : sondages, quiz et tests

ZenPen : zone minimaliste d’écriture

La tendance est à supprimer les boutons. Une sorte de lutte contre l’acnée des traitements de texte. Pour se concentrer plus sur le texte que sur le traitement, justement. Là où il s’agit d’écrire, et juste écrire, ZenPen offre une interface particulièrement dépouillée. Continuer la lecture de ZenPen : zone minimaliste d’écriture

Draft : un outil simple et puissant pour écrire en ligne

Les outils collaboratifs d’écriture sont de plus en plus nombreux. Je veux vous parler aujourd’hui de Draft. Un service en ligne qui n’est certes pas le plus connu des outils d’écriture mais qui, qu’on soit seul ou à plusieurs, offre des possibilités et une simplicité d’utilisation séduisantes. Continuer la lecture de Draft : un outil simple et puissant pour écrire en ligne

Ecriture web : explorer le champ lexical

Lorsqu’on vous parle d’écriture web, on vous parle depuis longtemps de mots-clés. C’est bien, les mots-clés : c’est ce que tape l’internaute dans son moteur de recherche favori pour vous trouver. Ainsi, placer comme il faut les mots « crevette » et « Madagascar » permet d’atteindre un bon référencement sur ces mots là (ça ne suffit pas, mais c’est un bon début).

Google est plus malin que cela. Il sait des choses sur les mots que vous ignorez parfois. Il est même capable de retrouver un article sur les crevettes lorsque vous cherchez le mot « gambas ». Même si le mot gambas n’est pas dans l’article. C’est que manifestement, Google repère la cohérence des champs lexicaux que vous utilisez. Mais qu’est-ce qu’un champ lexical ? C’est l’ensemble des mots qui vous vient à l’esprit sur un thème donné. Pas forcément de la même famille, pas forcément de même nature : des adverbes, des adjectifs, des verbes, des noms qui, tous, font référence à un thème.

Une explication en vidéo :

La question qui se pose alors à l’auteur d’un texte sur le web est : comment faire le tour du champ lexical d’un sujet donné. Les associations d’idées sont la première voie. A condition de ne pas se laisser embarquer : la métaphore est a priori l’ennemie jurée du champ lexical.

Les dictionnaires sont une source bienvenue. J’utilise en ligne le TLFI. Un bon dictionnaire de synonymes a tout son intérêt.

Les associations d’idées des autres sont également une source quasi inépuisable. Seulement, comment rentrer dans leur tête ? Il y a un outil pour cela. Keyword Tools « s’appuie » sur les requêtes sur Google pour vous suggérer des mots-clés à partir de ce que les internautes tapent vraiment dans le moteur de recherche.

Le mot-clé crevette recèle de nombreuses potentialités d'associations.
Le mot-clé crevette recèle de nombreuses potentialités d’associations.

 

Impossible d’utiliser toutes les suggestions dans un texte, mais vous avez là, si on y réfléchit de cette façon, la description de ce que pourrait contenir un site thématique sur la crevette et les façons de la cuisiner !

Le travail de définition du champ lexical n’est pas le même selon que l’on élabore le champ lexical de base d’un site donné ou celui d’un article particulier.

Lorsqu’on lance ou lorsqu’on refait son site web, on a tout intérêt à prendre le temps d’élaborer un champ lexical « de base » : 30 à 40 mots ou expressions que l’on retrouvera de page en page et qui donneront aux moteurs de recherche la vision de l’unité thématique du site. Les mots-clés que l’on retiendra ne seront pas les mêmes selon la cible à laquelle on s’adresse : un site professionnel n’aura pas forcément à repousser un vocabulaire technique qui n’aurait pas sa place sur un site grand public. C’est un travail important, qui peut prendre du temps.

Lorsqu’on écrit un article sur un site, la réflexion sur le champ lexical sera l’occasion de s’assurer qu’on ne passe pas à côté de quelque mot-clé important. Il s’agira de donner une unité à son texte, et de mieux faire ressortir la page qui le contiendra dans les moteurs de recherche.

Poetica : pour corriger du texte en ligne à plusieurs

poeticaPoetica est un outil en ligne, un outil collaboratif qui permet de travailler sur du texte. Vous êtes entrain d’écrire, quelque part sur le web. Vous avez un doute sur votre texte, ou une partie de votre texte, et vous voulez que quelqu’un le relise pour vous, l’amende, vous fasse quelques suggestion.

Jusque là, plusieurs solutions s’offraient à vous : le copié-collé dans un mail, la pièce attachée à un mail, voire, pour les plus à la pointe, le document partagé sur google drive. Poetica vient répondre de manière très simple, et assez  élégante, à la problématique.

Le mieux, ce que nous avons testé sur google chrome : un bouton Poetica qui vous permet de partager n’importe quel texte que vous êtes entrain de taper en quelques secondes. Si vous écrivez hors ligne, un copié-collé sur le site Poetica fera l’affaire. Et ensuite ?

Poetica met à votre disposition des outils qui seront familiers à ceux qui ont déjà corrigé sur papier. Il n’y a pas toutes les nuances du code typographique, mais suffisamment d’outils pour travailler efficacement sur n’importe quel texte : insérer, supprimer, ajouter, déplacer… Evidemment, les corrections restent visibles, comme sur du papier, et c’est le propriétaire du texte qui les acceptera, ou non, avant de télécharger son texte revu. Et le travail simultané, à plusieurs, fonctionne très bien.

Très simple, très efficace, de quoi séduire. Et Poetica est là.

 

Scrivener : plus loin dans l’écriture

scrivenerQu’est-ce qu’écrire un livre ? Inventer, mettre de l’ordre, trouver des liens. Oeuvre d’architecture, travail sur les points de vue, construction, documentation. Derrière la façade que l’auteur offrira au lecteur, des fondations, des lignes invisibles, des échos. Tout cela peut naître dans l’esprit de celui qui écrit et finir couché sur le papier, étalé sur l’écran. C’est la vision en deux dimensions d’un travail en trois. L’auteur, lui, est dans la troisième dimension.

Les logiciels de traitement de texte traditionnels s’inscrivent dans ces deux dimensions. Calqués sur le modèle de la machine à écrire, ils produisent une feuille à partir d’une feuille. C’est bien. Mieux qu’une feuille, déjà, dans les possibilités de correction infinie. Mais pas dans la gestion de la troisième dimension : celle des notes, de la documentation, du plan, de la gestion de projet. Toutes choses dans lesquelles l’ordinateur, spécialiste de la gestion de données à pourtant fort à apporter.

Je vous parlais il y a quelques jours d’ yWriter, logiciel spécialisé pour l’écriture de roman. J’étais enthousiaste après mes premiers essais. De ce partage est né un écho : sur Twitter, on me conseille Scrivener. Je n’avais pas vu ce logiciel apparaître jusque là dans mes recherches. Et pourtant, quel trésor !

Deux défaut d’abord : il n’est que partiellement traduit en français, et la documentation est en anglais. Et le logiciel est payant : 40 €. Une mise en garde encore : mieux vaut être à l’aise en bureautique. Si vous avez du mal avec Word, passez votre chemin : là, il y a des icones dans tous les sens, des données en lien les unes avec les autres, et une liberté telle de mettre en place votre propre organisation que ce peut être déstabilisant (surtout si votre anglais laisse à désirer, puisqu’alors la documentation vous sera d’un moindre secours…)

Si la bureautique ne vous fait pas peur, et que vous pouvez lire quelques dizaines de pages en anglais, alors foncez. Scrivener offre tout ce dont un auteur peut rêver : gestion de sa documentation et de ses notes de travail, écriture du texte, évidemment, liens entre les éléments… Si vous avez l’habitude d’avoir trente fenêtres ouvertes en simultané, vous serez ici dans votre élément.

Le logiciel n’est pas spécifiquement orienté pour le roman. C’est un plus : on l’utilisera sans difficulté pour d’autres travaux : essai, thèse, mémoire, rapport. Tout ce qui met en jeu une somme conséquente de documents, un plan un brin complexe sera traité ici avec efficacité. Le scénario semble également à l’honneur.

Je vous engage à profiter de l’essai gratuit d’un mois proposé par l’éditeur. Et ne vous inquiétez pas si aucune version française n’est proposée sur le site. A l’installation, vous aurez bien le choix de la langue de l’interface.

Des outils pour raconter une histoire

Parmi les activités qui m’occupent ces temps-ci, il y a l’écriture d’une histoire. Une histoire dans un contexte historique. Une narration, donc, et sous la forme d’un livre, a priori, quelques centaines de pages. Travail de documentation, structuration du récit, écriture.

En 2003, lorsque je publie S’éditer, aux éditions Eyrolles, je fais le tour des outils d’aide à l’écriture (le livre est épuisé). Il y avait déjà de jolies choses. Aussi, au moment de me lancer dans ce travail, je me pose à nouveau la question des outils.

J’ai déjà travaillé sur ce type de projet, au long cours, en utilisant un traitement de texte traditionnel. Avec l’obligation, à chaque fois que j’y revenais, de tout relire, et, surtout, un manque de rigueur dans la gestion de mes notes qui me faisait perdre du temps, et parfois, j’en suis sûr, des idées.

Le traitement de texte de type Word ou OpenOffice, voire leurs équivalents en ligne ne sont pas adaptés. Trop linéaires, plus proches du travail de lecture que tu travail d’écriture complexe. En même temps, établir un cahier des charges du logiciel qui faciliterait la vie de l’auteur n’est pas simple. Et puis, il y a la question du budget aussi.

J’ai mis la main sur yWriter. Ce logiciel est gratuit, et développé par un écrivain. Il a des concurrents, mais ils sont payants et/ou en anglais. yWriter a même l’avantage d’être presque totalement traduit en français.

Qu’apporte-t-il par rapport au logiciel de traitement de texte traditionnel ? Un fonctionnement par « brique », de type « base de données ». Une fiche par lieu, une par personnage, une par objet : c’est déjà énorme, puisqu’on peut associer chaque fiche aux scènes correspondantes. La scène est l’élément central du travail. On écrit des scènes qui s’insèrent dans des chapitres. C’est l’ossature.

Capture d'écran yWriter
yWriter permet d’écrire, mais aussi d’organiser l’écriture

On notera qu’on est là dans une logique a priori assez figée. Elle est pensée pour le roman. Pour raconter des histoires d’une façon classique. Mais cela permet la structuration du récit par touches.

Au début d’un projet, on ne sait pas toujours où l’on va. Avec yWriter, on pose les choses sans se soucier de l’organisation. On peut écrire une scène centrale, on la bougera après. On garde la maîtrise du récit, sans se laisser emporter comme on tentera d’emporter le lecteur.

yWriter possède de nombreuses autres fonctions. On a ainsi accès à des vues récapitulatives sur la présence des personnages tout le long du roman. On voit aussi quels mots sont les plus utilisés… Pour ceux que tente l’autoédition, on peut à la fin enregistrer son travail directement au format ePub (pas encore testé).

J’ai aussi choisi yWriter parce qu’il enregistre automatiquement tous les fichiers sur le disque dur, dans une arborescence qui lui est propre, et en les nommant pour s’y retrouver, mais au format RTF. C’est le format texte enrichi le plus lisible. Les notes restent accessibles même si le logiciel disparaît.

Côté notes, justement. On peut en créer autant qu’on veut autour du projet. C’est bien. On n’atteint cependant pas la souplesse d’un logiciel spécialisé comme Evernote. C’est ce dernier que j’utilise pour deux choses. D’abord la documentation « brute » : copiés-collés de wikipedia, par exemple. Parce que le système de recherche et de tags d’Evernote permet de s’y retrouver plus facilement. Dans yWriter je n’insère que des notes « élaborées », qui ont à voir avec la narration. Dans Evernote, je tiens aussi un journal de bord : quelques notes pour marquer les dates clefs du travail, les rencontres, les livres reçus, les entretiens, l’avancée de ce qui se fait « hors texte ». Ce texte sur les outils pourrait en faire partie.

Evernote est installé sur mon téléphone, sur mon iPad. Il me permet des notes rapides, en mobilité. Sa capacité de reconnaître les mots dans les textes photographiés autorise même la saisie rapide de citations dans des documents imprimés. Des avantages dont j’aurais du mal à me passer.

Que manque-t-il ? yWriter pourrait être enrichi d’un module de gestion de chronologie, qui permettrait de rattacher les scènes à une ligne du temps. Il y a déjà quelque chose de ce type, on peut associer chaque scène à une date et une heure. Mais la date c’est Jour 1, jour 2, jour 3, etc. Et ce n’est pas le plus pratique lorsqu’on a des dates « réelles » du type 12 avril 1932. Je vais sans doute pour cela utiliser un outil de frise chronologique de type TimelineJS, qui a l’avantage de s’alimenter à partir d’un simple GoogleDoc.

Le principal défaut qu’on pourrait trouver à yWriter est d’être un logiciel « hors ligne ». J’y vois pour l’instant plutôt un avantage. En effet, j’imagine qu’à la fin du travail d’écriture, j’apprécierai de m’isoler le temps nécessaire de la relecture. Et m’isoler, cela veut dire me trouver loin du web. Ce que le logiciel aura alors l’avantage de me permettre.

Bref, j’écris un livre. Et ce qu’écrire veut dire, aujourd’hui, hein ?

Si cela intéresse les Agences régionales du livres, les organisateurs de salon, les éditeurs, les associations d’auteurs, je peux animer des sessions de formations sur ces outils, d’une durée d’une demi-journée à trois jours, avec ou sans ateliers. Pour me contacter, c’est ici.