Site icon Sébastien Bailly

405 – passe-passe

Passe passe passe

Passe

À d’autres passions

Et même

Et même

Laisse faire la magie

Des buissons d’hortensias

Des explosions de magnolias

Des bosquets fleuris de mimosas

Lilas camélias rhododendrons fuchsia

Passe passe passe

Aux bords de mer aux plages aux embouchures de fleuves

Impassibles comme sont toujours les fleuves

Avant de s’acoquiner aux océans

Passe aux embruns à l’iode à l’odeur inattendue du monoï

Aux après-midi à l’ombre des tilleuls

Passe aux mots des poètes qui savent ce qu’ils disent

Passe aux vers des maudits aux strophes des applaudis

Passe d’ode en élégie de sonnet en distiques

Et ris de la morale des fables

Puisque passe-passe il faut bien rire

De la loi du plus fort de la mouche du coche du chien qui mord le loup

Passe passe passe

Mange bois et presse contre ton cœur celles et ceux comptent

Et laisse te traverser l’ombre de la montagne juste après l’orage

Écoute gronder le torrent cascader la cascade

Et vois ce qui passe passe passe

À l’orée du bois

Sur le chemin de crète

L’animal quadrupède indifférent

Vois l’or des automnes

Passe passe passe

À la tendresse d’une main sur l’épaule

À celle d’une joue collée un peu plus longtemps qu’il suffirait sur une autre joue

Passe passe passe

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