Terrasse, début octobre 2026, angle de la rue aux ours et de la rue Saint-Martin (comme l’ours). Cette rue aux ours m’en rappelle une autre, mais ce n’est pas le sujet.
Je me demande combien de kilogrammes de vêtements passent devant moi en une heure. Beaucoup de blanc, beaucoup de noir. Des gris variés entre les deux. Des gris coupés de couleurs inattendues.
Plus rarement des couleurs pastels, ou vives. Roses, bleus, rouges, jaune. Des marrons, des kakis, du caca d’oie. Je crois que cette couleur m’amusait enfant. Il y avait des tubes de peinture à la maison et le nom des couleurs m’embarquait dans d’étranges poésies qu’on retrouve dans les catalogues des marchands spécialisés.
Et puis les motifs : rayures, carreaux, fleurs. Il n’y a pas d’animaux. Personne qui se promène avec rien d’obscène.
À la vitesse des piétons, je ne lis pas les rares mots imprimés. Trop rares. Trop épars effets typographiques.
Ce qui compte ensuite : la longueur des jupes, des shorts, des manches. La profondeur des décolletés, les tissus collés au corps, ou larges, amples, informes.
Multitudes d’accessoires : sacs, valises, coques bariolées des téléphones en main.
Ici et là : paillettes, brillances, éclats de métal (or argent, cuivre).
Tout ça choisi dans des placards, et avant ça dans des boutiques, avec recherche de l’effet, ou de l’absence de.
Être vu. Remarqué. Passer inaperçu. Parfois y parvenir. D’autre fois laisser l’observateur dans l’expectative.
Très peu de chapeaux. Un peu plus de casquettes (américaines).
Et, aux pieds, des paires et des paires d’inattendus souliers, de chaussures de sport et de mocassins de contrebande.
Combien de kilos de vêtements, donc ? Tout dépend des matières. On n’a pas encore tenté la liste des matières.
