Site icon Sébastien Bailly

442 – Ligne de vie

Tu as repoussé une main tendue et cette main c’était la mienne. Paume vers le ciel, doigts ouverts. La moitié d’une poignée de main qu’on aurait échangée, la moitié d’une main tenue et qu’on n’aurait pas lâchée trop vite. Dire que tu l’as repoussée est peut-être exagéré. Tu l’as plus exactement ignorée. Tu as poursuivi ta route comme si tu n’avais rien vu. Je suis resté la main tremblante. Moite. Inutile. Une main morte, à couper. Nous n’avons pas croisé les lignes de chance. Ni de cœur. Tu as maintenu la distance. Main tenue, la distance. Ténue. Tendue. Tu as dévié ma ligne de vie. Ligne de vide. Poing.

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