Attendre 365 jours un signe. Et, au bout des 365 jours savoir une chose : on ne comptera plus en jours, mais en années. On saura le signe de moins en moins probable et qu’on est seul à compter. On aura choisit la fidélité et le silence. De la fidélité, on ne doutera jamais. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut remettre en question. Le silence, lui, sera toujours une tension. On aura participé à son maintien. On l’aura choisi. On aura considéré qu’il fallait le respecter. Ça n’aura pas été facile. Chaque matin, il fallait le choisir à nouveau et s’y tenir jusqu’au soir. On avait échoué plus d’une fois, avant. On aurait pu mille fois y mettre fin, encore. On a voulu mille fois y mettre fin. Mais tenir, tenir dans le silence, une heure, un jour, un mois, un an et bientôt des années. C’était ce qu’on pouvait faire de mieux. Fidèle, immobile, silencieux. On serait pour toujours celui qui attend un signe, celui toujours prêt à l’accueillir. Aussi simplement présent qu’on puisse l’être. Un signe improbable. Un signe dont on est assuré qu’il ne viendra pas. Ce silence est une douleur, peut-être un sacrifice, sans doute une torture. C’est pourtant la seule voie. On sera toujours celui qui, enfin, a su se taire. Et celui qui, toujours, regrettera.
